CHAPITRE VI
Les écrits et publications littéraires de Jules Laurens
I'exemple de son frère Bonaventiire et ses inclinations naturelles avaient aussi excité chez Jules Laurens la passion d'écrire : on pourrait presque dire qu'il a autant écrit que dessiné. Seulement son dessin l'emporta toujours, et de beaucoup, sur son écriture. Il avait d'ailleurs le goût très vif de la littérature. Dès le temps de son séjour à Montpellier, de ses études classiques, il trouvait le moyen de pratiquer les auteurs contemporains et l'habitude qu'il contractait de Hre ne devait plus jamais être perdue. On se rappelle qu'en Turquie, à Constantinople même, il se délectait de ses auteurs favoris, notamment de Victor Hugo, pour lequel il avait une véritable passion.
Déjà, il avait le soin de noter sur des carnets de poche les réflexions qui venaient à son esprit, les observations qu'il faisait d'après choses et gens, les pensées qui le frappaient le plus dans ses lectures. Cette préoccupation, il devait l'avoir toute sa vie, mais plus absorbante encore pendant ses quinze ou vingt dernières années. C'est grâce à ces petits carnets, conservés aujourd'hui pour la plupart, que nous suivons la marche de ses idées philosophiques, littéraires ou artistiques.
Les relations qu'il entretint à Paris avec des écrivains connus, augmentèrent son culte pour les choses de l'esprit. Il a déjà été dit quels rapports il eut avec Adolphe Thiers, Théophile Gautier, Edmond About, Victor Hugo. Il connut encore et fréquenta Sainte-Beuve, auquel il avait offert le dessin original des ruines de Port-Royal-des-Champs, qui fut reproduit dans U Illustration ; Prosper Mérimée, qu'il ne pouvait guère aimer,