‹ Jules LaurensChapitre 211 sur 230 · PUBLICATIONS SUR LES MUSKES ET LES ARTISTES · texte numérisé non relu

PUBLICATIONS SUR LES MUSKES ET LES ARTISTES

Les études sur les Salons appellent naturellement des notices sur les Musées et les œuvres d'art qui y trouvent asile. Voici en efPet celle que Jules Laurens fit insérer dans U Illustration du 10 décembre 1864 sur le Musée de Montpellier, qui, le premier, lui avait procuré ses plus intenses jouissances artistiques. Voici encore un article sur Deux nouveaux tableaux au Musée Fabre (ceux de Jules Héreau, le Berger et la mer, et de Camille Chazal, Jésus chez Simon) que le Journal de Montpellier ?i\QJX donné quelques semaines auparavant (3 septembre 1864).

Le Musée de Carpentras, si pauvre et si dédaigné jadis, reçut de notables accroissements dus à Jules Laurens. Sa réorganisation et ses acquisitions furent signalées dans le Journal des Arts du 23 janvier 1897. Mais il faudrait encore marquer toutes les notes que l'artiste fit passer dans les journaux de Carpentras, pour annoncer tel ou tel aménagement, l'arrivée de tel ou tel tableau. L'École communale de dessin annexée à ce Musée fit aussi l'objet, en 1883, d'un article dans L'Indépendant de Vaucluse. Enfin, en dernier lieu (1900), parut le Catalogue du Musée de Carpentras, précédé d'une notice historique et rédigé entièrement par Jules Laurens.

Je laisse de côté d'autres écrits peu importants pour arriver à des œuvres d'un plus grand intérêt. Je mentionnerai aussi, sans m'y arrêter, les lignes publiées dans Le Conciliateur de Vaucluse, en 1859, et reprises dans la Légende des ateliers, sur le luthier Laprévotte, figure fallote d'inventeur malheureux ; l'éloge d'Alexandre Cabanel, donné dans le Journal de Montpellier en octobre 1863, à l'occasion de son élection à l'Institut; la notice sur le Paradis perdu, tableau commandé à Cabanel par le roi Louis de Bavière, article édité le 16 février 1867, par la même feuille montpelliéraine; celles qui furent consacrées à Paul Vayson dans Le Conciliateur de Vaucluse (19 janvier 1867); à Eugène Baudouin et à Th. Chauvel, dans le Journal de Montpellier (1869 et 1870). C'était par besoin de témoigner son affection, par désir d'attirer la faveur du public à ses amis et à ses élèves que Jules Laurens écrivait ces différents articles. Guidé par un même sentiment, il fit connaître aux lecteurs du Journal

320 NOTICES SUR MADAME BLANCHECOTTE ET MALAQUIER.

de Montpellier (7 décembre 1867) Madame Blanchecotte et son livre Impressions^d'une femme ; il rappellera d'ailleurs, dans la Légende des ateliers, la physionomie bohème et les vers si poignants de cette poétesse, qui lui avait fourni plusieurs pièces à mettre en musique.

« Lon, Ion, la ! les jours se passent Vides, misérablement.

Lon, lon, la ! les cœurs se lassent D'errer éternellement.

« Noua ne cesserons d'être fous Que les deux pieds sous la tombe ; Lon, lon, la ! dessus, dessous ! »

D'autre part, le meunier-sculpteur de Lacoste, Malaquier, et ses œuvres naïves, l'intéressèrent tellement qu'après avoir dessiné son portrait et croqué quelques-unes des figures exécutées par son ciseau maladroit, il écrivit sur lui deux notices : l'une en juin 1882 dans L'Indépendant de Vaucluse, l'autre en 1889, dans Le Magasin pittoresque; elles furent refondues et augmentées encore dans la Légende des ateliers.

La première des séries importantes d'articles consacrés aux artistes contemporains fut probablement celle qui, annoncée à Bruyas par une lettre déjà citée, parut dans Le Conciliateur de Vaucluse, en septembre et octobre 1858. Elle reçut ce titre : Intérieur d'atelier d'un peintre au XIX^ siècle. Ce peintre, c'était Gustave Doré, l'ami à propos duquel Laurens redisait après Théophile Gautier : « Jamais plus rares et plus riches éléments ne se trouvèrent réunis dans le même homme. » Et, de fait, l'étude détaillée et minutieuse qu'il fit des principales toiles contenues dans les deux ateliers de l'artiste extraordinaire, révélait les qualités énormes possédées par chacune d'elles. Quel dommage qu'elles fussent gâtées par un manque de pondération et de suite dans les idées! Mais il n'aurait peut-être pas fallu alors émettre une pareille critique devant l'enthousiaste admiration de Jules Laurens. Plus tard il fut plus

Page 1