‹ Jules LaurensChapitre 224 sur 230 · RECUEIL DE SOUVENIRS SUR VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

RECUEIL DE SOUVENIRS SUR VICTOR HUGO

aucun prix prendre à son compte, bien c[u'il les ait recueillies : « Il me vient parfois telle pensée, sans rapport ni avec mes principes, ni avec mes sentiments; mais elle se trouve être en elle-même intéressante, curieuse, s€ présente avec un fond ou une forme particulière. Certes, j'en approuve peu la philosophie et en pratiquerais encore moins la lettre. Et je l'écris pourtant, à titre, au moins, de document... »

Il faut donc connaître assez intimement l'auteur pour ne pas quelquefois se laisser dérouter, pour démêler sa propre personnalité, ses sentiments intimes, ses convictions. Mais une fois qu'on a pénétré sa nature, on peut se laisser aller au plaisir de suivre les variations, sur les thèmes les plus divers, d'un esprit extrêmement libre et original; on y relève en même temps les multiples documents dont on peut avoir l'idée par tout ce qui a été publié ici-même.

A côté de ces carnets se trouvent encore des recueils de souvenirs, rédigés pendant les dernières années de sa vie et notamment deux dossiers assez importants sur Gustave Doré et sur Victor Hugo. Celui sur Doré nous est déjà connu et nous savoirs combien il est précieux. L'autre est encore l'œuvre d'un témoin plein d'admiration et d'enthousiasme. Car Jules Laurens tenait à payer son tribut à la gloire de Victor Hugo, à le venger de certaines critiques, à mettre en relief la puissance de sa pensée, la bonté de son cœur, l'élévation de ses sentiments, l'extrême variété de ses productions et la force d'émotion qui s'en dégage.

Ce dossier particulier est donc plutôt un plaidoyer en faveur de « la plus haute, éclatante et imposante manifestation de l'humanité pensante et idéale », qu'une étude biographique. Il devrait être complété, si on voulait l'utiliser un jour, par les notes des carnets, qui ont un caractère plus spontané et plus anecdotique. On y recueille le souvenir des discussions qui avaient lieu avec le maître et l'écho de ses conversations. Hugo ne se trouvait d'ailleurs pas toujours d'accord, en politique et en philosophie, avec Jules Laurens : « Non, réclamait-il en regardant M^^® *"'* et en frappant sur le bras de son fauteuil, vous ne pouvez assimiler physiquement ou moralement cette belle jeune fille à ce morceau de bois.

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