CONCLUSION
Quelque longue qu'elle soit, la liste des publications de Jules Laurens reste incomplète; d'autre part, l'étude sur ses diverses productions musicales n'est qu'ébauchée; la description de ses dessins, aquarelles et tableaux , et leur critique pourraient encore être amplifiées ; la nomenclature des lithographies et eaux-fortes, recevoir de notables additions. Mais il faut achever. Etpuisl'essentiel n'est-il pas dit maintenant? Est-il encore besoin d'ajouter quelques traits à cette physionomie sympathique, de caractériser plus profondément cette nature d'artiste, éprise de son art, sensible aux beautés de la nature, sincère dans son expression? Est-il besoin d'insister davantage sur des idées esthétiques, sur des sentiments philosophiques qui lui donnaient une telle originalité?
Jules Laurens, trop humble dans sa vie, méritait d'être mieux connu qu'il ne l'a été jusqu'ici. Son labeur, si long et si fécond, méritait d'être mis plus en lumière. Il fallait aussi que l'on sût l'action qu'il avait exercée autour de lui, le bien qu'il avait fait. Sa vie de travail, où le succès était venu couronner des efforts continus, avait besoin d'être proposée en exemple : elle ne dut rien, en effet,'' aux réclames de la presse, à la camaraderie d'amis trop indulgents.
Ce livre est donc comme une revanche de la destinée. L'avenir dira s'il est juste, si l'oeuvre de Laurens vaut l'estime qu'il trahit, l'affection même qu'il dénote. En effet l'écrivain ne peut pas faire abstraction de ses propres sentiments : lorsqu'il se trouve en présence d'un homme qui profita avec tant d'énergie des heureux dons que la bonne nature lui concéda, il éprouve un vif sentiment d'admiration et de respect. Ce sentiment, il voudrait l'inculquer à ses lecteurs, heureux s'il a pu exciter la curiosité du public et attirer ses regards sur un maître digne de son attention.