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le futur photographe, admirateur passionné des beaux paysages, des sites pittoresques, né pouvait s'empêcher de s’extasier devant les sublimes perspectives qui s’étendaient, à chaque pas devänt lui, à perte de vue, -à travers les déchirements de la charpente montagñeuse.
À côté des pics dépouillés, arides, battus des
vents, se déployait toute la magnificence végé-
R. Se tale, des mamelons richement boisés, des val-
lées comblées de vérdure, à l'extrémité des-:
quelles s’ouvraient de larges échappées par où l'œil plongeait au loin jusqu’à “l'Océan pacifique, de gracieuses collines, d'immenses champs de gazon chatoyant de lumière, où tournoyaient des bandes de cigognes, de hérons blancs et de flamingos dans l’azur du ciel le plus pur
et le plus éclatant. Ça et là des lacs limpides,
A à Ca # :
bles. "5 ET -
82 JB. LIVERNOIS.
aux bords tapissés de: jonés touffus, ou .de riches graminées au-desbus desquelles bourdonnaient, des myriades d'insectes, eb venaient voltiger et se poser les colibris étincelants - comme des rubis-et des topazes ; —le long des filets d’eau, des essaims de papillons innombrables, qui formaient comme des nuages mobiles d'azur, de pourpre. et d’or. Plus loin dans les savanes, des troupes de Caïmans, °baillant au soleil et montrant leurs longues rangées de dents et leurs écailles HÉrEes et
rugueuses.
; î . # Vers trois heures de l'après-midi, ils arrivè-
rent à Spinner Station, terminus temporaire du chemin de fer de Panama, alors en construction. Un voyageur, par une complaisance
inespérée, lui prêta la somme de douze pisétres
N, SR AE SE GO LL RTE re MGR 6 5
1ffus, où de uelles bour- ; et venaient | étincelants —le long des 8 innombraages mobiles Plus loin le caïmans, urs longues
8 ternes et
# i, ils arrivètemporaire ‘s en cons-
omplaisance
)uze pidétres
pour payer son passage dans les chars. Arrivé : à Aspinwall, écrasé de fatigué, il put à peine se traîner jusqu’à l'hôtel Franklin, où il
s’étendit dans un coin sur le plancher nu,
incapable de faire un mouvement, et à demi- - mort de souffrance.
Le North Star partait le lendemain pour New-York : il se présenta à bord et demanda !
au capitaine une place quelconque. Le capitaine lui répondit qu’il n’y en avait plus de libre. Alors, plutôt que de rester en arrière,
il s’offrit de faire l’ouvrage de deux matelots ;
# il fut accepté.
Ce fut alors une lutte désespérée entre la
force de sa volonté et sa faible charpente pour :
faire face à des occupations incessantes, L’excès du travail fit éclater la terrible mala-
die de nerf qu’il couvait depuis plusieurs mois. : Mais il touchait au terme de son long voyage ; . il vainquit la douleur, soutenu par l'espérance
de revoir son pays et sa famille.
A peine était-il débarqué à New-York, qu’il prit la route de Québec, où il arriva dans
l’automne de 1854. | :
A quoi lui avait servi ce long exil auquel il s'était condamné dans une heure de découragement ? Une année de perdue sans aucun fruit, une santé délabrée pour le reste de ses jours, plusieurs années de vie de moins, et des difficultés plus grandes pour gagner sa vie et
celle de sa tamille.
Voilà cependant l’histoire d’un grand nom-
bre d’infortunés compatriotes qui, chaque an-
urs mOIS.
g voyage ; .
espérance
ork, qu’il rriva dans
auquel il > décourans aucun te de ses ins, et des
sa vie et
and nom-
\aque an-
‘née, abandonnent si imprudemment leur
pays, et vont grossir le flot des Canadiens er-
rants.
Ab ! si.ce nouvel exemple, si ce récit des ennuis, des dangers, des misères de l’exil, que nous avons rapporté en détail, à dessein, pouvait du moins en convaincre quelques-uns de la folie qu’ils commettent en s’expatriant volontairement, pour aller courir après une fortune qui les fuira presque toujours, et qui, si elle leur sourit parfois, ne leur rendra jamais, sur une terre étrangère, la douceur et les ‘charmes du ciel natal, ce premier des biens de la vie, et le regard sympathique de leur concito-
ycns.
Livernois essaya d’abord plusieurs branches
d'industrie, entre autres un commerce de li-
LA
brairie, qui ne lui réussit pas. Il:put: cependant remplir l'engagement qu’il avait pris vis-
à-vis de ses ouvriers californiens. Ce fut à
l'acquittement de cette dette, regardée par lui
comme sacrée, qu'il employa les premiers de-
niers qu’il toucha.
Il se tourna enfin vers la Photographie, dont il avait déjà acquis quelques connaissan-
ces.
Cet art si merveilleux venait de faire un pas immense par la découverte de l'impression
photographique sur papier.
I! so mit à l’étudier sérieusement, tout en faisant de cette profession un moyen de subsistance. Le peu de ressources dont il pouvait
disposer lui créèrent des obstacles sans nombre,
‘put: cepenait pris vis-
Ce fut à dée par lui
emiers de-
otographie,
connaissan-
> faire un
impression
t, tout en à de subsisil pouvait
ns nombre,
avant qu’il pût obtenir un succès définitif.
Mais enfin après bien des essais, des tâtonnements, des tentatives infructueuses, il parvint \ à acquérir une habileté remarquable, et à monter un atelier égal sinon supérieur à tout
ce qui existait en ce genre en Canada.
‘Cependant, la photographie n’eût été pour | : lui, comme pour bien d’autres, qu’un métier, | | | il n'avait eu l'intelligence » d'en relever la pratique par des recherches plus désintéressées. Il se mit avec ardeur à la poursuite de tous les tableaux, portraits, ques, gravures, peintures antiques qui pouvaient offrir quelque intérêt. C’est ainsi qu’il a acquis un mérite réel en popularisant une foule d'objets précieux, ensovelis dans la poussière, exposés à
périr, et dont il a assuré la conservation.
Cette belle collection, qu’il eût été naguère impossible de se procurer, se trouve mainte-
nant dans les albums de tous les amateurs.
En 1863, il fit un voyage en Europe pour
achever de se perfectionner dans son art et se
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mettre à la hauteur de tous les perfoçtionnements photographiques, en même temps que pour rétablir sa santé toujours minée par la Maladie. Il visita l'Angleterre et l’Ecosse et séjourna quelque temps à Paris. L’ennui de sa famille lui fit cependant abréger son séjour. Il vint prendre la mer à Liverpool ; mais toujours poursuivi par sa malencontreuge étoile,
il faillit périr dans la traversée.
Une tempête furieuse, qui dura deux jours
et trois nuits, mit en pièce et emporta toutes
été naguère les hautes œuvres du vaisseäu. L'eau inon-
ouve mainte- dait toutes les. cabines ; et les matelots ne
mateurs. fournissant plus aux pompes, le navire mena-
çuit de sombrer.
Europe pour "Ne | Il -crut, pendant quelque temps, ne plus on art et se RS a : DR se revoir sa famille ; mais le matin du troisième Jerfeçtionne- À jour, la tempête se calma ; et le reste de la temps que |
. traversée se fit sans accident.
inée par la
: l’Ecosse et La joie de revoir les siens fut de courte
L’ennui de durée, car sa santé qui s'était beaucoup améson séjour, liorée pendant le voyage, s’affaiblit avec une ; mais tou- rapidité effrayante,
use étoile,
Les médecins lui conseillèrent de se rendre à Florence, dans les Etats-Unis, pour s’y soudeux jours mettre à un traitement. Il partit, mais au
orta toutes lieu du rétablissement de sa santé, il regut, de
la part des médecins, l'annonce d’une mort
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Il est revenu mourir dans sa à famille, le D octobre 1865. | |
Choyen honnête et religieux, époux et père
chrétien, caractère intègre et affable, son mMOdeste mérite est aussi digne d'éloge que bien d’autres plus retentissants, mais dont f source est souvent moins pures, et le cours moins
rempli.
L’oubli complet qui a accompagné sa mort devait être réparé ; et cette courte notice, qui offre plus d’une leçon, n’est qu'une œuvre de
justice.
d’une mort |
mille, le 11 poux et père ble, son moge que bien lont fa source
cours moins
agné sa mort e notice, qui
te œuvre de
Le
ot mn mme tn | Gr