‹ Jules Livernois [microforme]Chapitre 3 sur 4 · SET · texte numérisé non relu

SET

RQ pA Le A € SE à es At ë ei Le »

ER La et TA

dd ne de

MS

A EC (ne + t

e Après quelques minutes d’épanchement :

*—Descendons de cheval, dit Livernois, il y a

longtemps que je n’ai pas rencontré de prôtre ; je suis exposé chaque jour à- mille dan-

gers ;.vous allez me confesser.

Tous les deux s’agenouillèrent près du tronc d’un marronnier et conversèrent quelques ins-

tants avec Dieu.

Ils se dirent adieu ensuite en s’embrassant,

“le cœur ému et consolé. Un rayon du soleil

de la patrie venait de leur apparaître pendant

cette reconnaissance inattendue.

A San Francisco, Livernois poussait son entreprise avec activité, et continuait à pros- , pérer dans ses affaires, lorsqu'il reçut de

Montréal une lettre de sa famille qui lui man-

chement :

)is, il ya é de-prè-

mille dan-

8 du tronc

lques ins-

nbrassant, 1 du soleil

e pendant

ussait son

it à pros-

reçut de

ii lui man-

dait de revenir au plus tôt en Canada. Cette

lettre était accompagnée de raisons tellement pressantes qu’il ne put se refuser À tout abandonner pour voler auprès des siens. Il vendit sa propriété à son premier employé, et toujours confiant comme toutes les honnêtes natures canadiennes, il lui livra le titre de vente. C'était le 18 janvier et il devait être payé le lendemain + mais au moment où il croyait toucher la

somme dont il était convenu, il apprit avec

. Stupeur que son homme avait disparu après

avoir revendu l'établissement à une tierce

personne.

M. Livernois mit en vain la police aux trousses du voleur ; celui-ci sut dérober ga trace à l'œil des plus fins limiers, Ce qu’il y

avait de plus malheureux pour M. Livernois

dans cette triste conjoncture, c’est qu’il devait

une semaine de salaire à ses ouvriers, c’est-àé 9

dire une somme de cent cinquante piastres.-

Dès que ceux-ci s’aperçurent de sa détresse, ils vinrent l’assaillir à mains arméés dans l’espérance de lui Arradber leur salaire, qu’ils le croyaient encore capable de payer. Il leur protesta en vain de son innocence et de son complet dénûment, ils lui mirent le “pistolet

sur la gorge. Cette scène se passait dans une

-cabane de mineurs où M. Livirnois g’était

réfugié. Celui-ci, poussé À bout par leurs

menaces et leurs cris forcenés, malgré les assurances formelles qu’il leur faisait de les payer dès qu’il serait de retour en Canada, bondit, furieux, dans un coin de Ja cabane, et saisis-

sant un pistolet à six coups dont il était armé,

’1l devait

s, C’est-àpiastres.détresse, dans l’esqu'ils le I] leur t de son ‘pistolet dans une is s'était: ar leurs ‘ les assules payer , bondit, et saisis-

ait armé,

besoin extrême.

un seul sou dans-un pays qui ne connaît

JR LIVERNOIS.

il déclara qu’il famberait la cervelle au pre-

mier qui oserait faire un pas. Il n’avait pas fini

de parler qu’une balle vint lui effleurer le crâne et se logea dans la paroi de la muraille. Il

eut la présence d’esprit de ne pas tirer ; ; 88

Sennenis frappés de sa contenance ferme et

:.” décidée, n'osèrent l’assaillir davantage ét se retirèrent sans lui faire aucun mal. A peine se vit-il seul, qu’il se jeta à genoux pour remercier Dieu de lavoir ainsi miraculeusement

délivré. Il vendit sa montre d’or pour payer

une pauvre veuve À Qquiil devait; et donna

les derniers cinq piastres qu’il possédait à une

vieille femme qui vint le supplier dans un

Voilà donc notre malheureux exilé sans

d'autre loi que celle de”l’égoïsme, séparé

par uu continent de’tout ce qui lui est cher et

à A RRRSER STATE

de tous ceux qui pourraient s'intéresser à son sort.

Au milieu de sa détresse, il se souvint d’un ami qui résidait à quelques lieues de San

Francisco, et qui lui avait écrit, peu de temps

2 op ne

Fire ha Se dard Pr n DE À Et 5 5 pe ce mm on nn - pda: # ne di dec ” ’ ne Ni nn 0e ex ser ; RS. Al Moi v TES NRA AN VE er 2 mm. ” Lu F k. + ÉRRERREC nn eSEe 1 RTE Ben D er mie: : RER : ge - Rte Ro 4 il

auparavant, qu’il pourrait lui faire quelques

avances d'argent.

Prenant son courage à deux mains, il se mit

en route pour la résidence de cet ami ; mais en frappant à sa porte, il apprit qu'il était

parti depuis quelques jours pour les mines.

Après avoir vu ainsi s’évanouir sa dernière

lueur d'espérance, il reprit tristement le chemin

de San Francisco. Pendant qu’il cheminait,

prit mal

taill

, Séparé

st cher et

ser à son

vint d’un de San de temps

quelques

il se mit

1; mais

d'il était

naines.

dernière

e chemin

1eminait,

vers 9 heures du soir, par un petit sentier qui serpentait à travers d’épais fourrés, il entendit soudain remuer le feuillage, et aperçut dans une clairière, aux rayons de la lune, un animal féroce, tigre ou jaguar, qui s’avançait à environ vingt pas de lui. Pétrifié de terreur, n'ayant sur lui aucune arme: de défense, il

attend immobile, les yeux fixés sur le terrible

hôte des bois.

Mais soit que celui-ci eût assouvi sa faim, soit qu’il fût intimidé par la présence de l’homme, il s'éloigna tranquillement et disparut sous l’ombre des arbres.

À quelques pas plus loin, Livernois com.

prit la cause de cette visite nocturne d’un ani-

mal carnassier. Comme il passait sous un :

taillis de lièges et de sumacs, le bruit de ses

pas fit envoler une troupe de vautours de gaze dessus un objet informe. En s’approchant, À non | il fut frappé d’une scène d'horreur. Plusieurs mas! cadavres d’indiens en putréfaction, victimes cons k des cruelles représailles des blancs, étaient pen- mad

dus aux branches des arbres, et se balançaient

au gré du vent. Il s’éloigna avec effroi et | se : ue il re précipitation de ce lieu souillé de crime et de ren geur sang.

. qu’à Arrivé à San Francisco, il obtint son pas- | sage en qualité de mousse à bord du steamer L ‘Uncle. Sam qui devait faire voile le 12 février. des Len | Maïs il fallait vivre pendant les onze jours subi 4 qui restaient à s’écouler avant le départ du fatig h bateau. ' | | tutic ‘Il n’avait ni gîte, ni connaissances, ni argent. Il

Le jour il portait des circulaifés, vendait des

iutours de pprochant, Plusieurs 1, victimes aient penalançaient effroi et

ime et de

son pas-

1 steamer 12 février.

nze jours

lépart du

niargent.

ndait des

gazettes par les rues ; la nuit,” fatigué mais:

| non découragé, il se couchait dans quelque

masure déserte ou dans quelque maison en construction, dormant sur le plancher nu, un

madrier sous la tête.

Deux jours avant de laisser San Francisco, il reçut l’offre d’une place de commis-voyagéur pour la Chine ; mais il ne songeait plus

qu’à revenir au plus tôt en Canada.

Le trajet de San Francisco à Panama dura quinze jours ; pendant'tout ce temps, il eut à subir un travail de dix-sept heures par jour, fatigue bien au-dessus des forces d’une consti-

tution faible et ruinée par la maladie,

Il était cependant encore loin d’être au bout

de ses traverses; de Fanama, il lui fallait

franchir l’isthme à pied, sous un ciel en feu,

par des montagnes qui touchent aux nues, coupées de torrents, de savanes, de précipices

qui semblent infranchissables.

Il se joignit à une troupe de mineurs qui s’en revenaient au Canada. La chaleur était si intense qu’ils furent obligés d’ôter leurs chaussures et de garder le moins de vêtements possibles. A la nuit tombante, ils &tenthalte et campèrent au pied d’une touffe de bananiers, de platanes et de palmiers qui croissaient au fond d’une gorge de montagne, où les mêmes appréhensions qu’il avait déjà éprouvées dans ces parages—lé voisinage des bêtes féroces, des reptiles, des alligators, les cris effrayants

des singes hurleurs ou carayas qui se répon-

daient en chœur de tous les points de l’hori-

D ue. none "si

iel en feu, aux nues,

précipices

ineurs qui aleur était ôter leurs vêtements étent halte bananiers, ssaient au les mêmes ivées dans 28 féroces, effrayants se réponde l’hori-

zon, et plus encore le danger d’être attaqué par les Indiens qui, la semaine précédente, avaient surpris et volé une caravane de mineurs, dont quinze avaient été tués, —l’empêchèrent de

clore l’œil une partie de la nuit. Mais enfin

accablé de lassitude, il s’endormit d’un sommeil

de plombgsur le sol humide et sous une pluie

de rosée glaciale et malsaine.

Chaque voyageur devait faire le quart à tour de rôle à chaque heure de la nuit ; Mais ses compagnons, prenant en pitié sa faiblesse, le laissèrent dormir jusqu’au jour. Cette bienveillance lui fut fatale, car pendant ce sommeil prolongé, le froid humide le saisit et redoubla les douleurs névralgiques dont il avait déjà

ressenti les premières atteintes.

Le-lendemain, à peine le soleil levant avait-

ts RTE

SR

il dissipé les brouillards de la nuit et éolairé le de ses rayons vermeils la cîme des palmiers Le des des cocotiers dont les parasols gigantesques pot s’étendaient au-dessus de leur tête, que 268 bli Voyageurs étaient sur la route, gravissant Le | | Pas pentes escarpées, arrêtés sans cesse dans LA | dé marche pénible, par les buissons, les cactus, DA les aloès ct les mille plantes rampantes et ven grimpantes que la nature intertroplonle prodi- | tk gue avec une exubérance dont la végétation de | lée nos forêts prifnitives ne peut nous donner | que qu’une idée imparfaite. Ce fut la journée.la | lœ plus pénible du voyage ; car l atmosphère | que était devenue une vaste fournaise que . les ra- | de yons du soleil équatorial tenaient dans une con. Ü yaie tinuelle ébullition. | etd

Malgré les excessives fatigues de la marche,

mg a enter de Nos FR tn és de me nd

it et éclairé

Nr palmiers et

À * : o igantesques

te, que nes

avissant Leg

> dans letr.

les cactus,

mpantes et

le prodi- . |

gétation de

us donner journée. la

atmosphère

que . les ra-

1$ Une COn-

la marche,

Page 1