‹ Jules Marcou [microforme]Chapitre 2 sur 5 · A DE OS PRE NE STE ESS · texte numérisé non relu

A DE OS PRE NE STE ESS

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célèbre comme chef de la révolte des esclavagistes ; Jefferson Davis, l’antipode de Spartacus et Toussaint L'ouverture, par un abus d’autorité bien rare envers les savants , exigea , à la dernière heure, que Marcou restât sur le sol américain pour y écrire son rapport, ou donnât sa démission. Surpris par cette sommation, à l'instant même où il :ilait s’embarquer , Marcou n’avait plus à choisir ; il donna sa démission. Arrivé à Salins en novembre 1854, sa santé se rétablit rapidement, et immédiatement , il commença à réunir et à publier les notes géologiques de son voyage aux Montagnes Rocheuses et en Californie ; travaux qui furent des plus honorablement reçus par tous les savants de l’Europe , et qui devinrent l'objet de rapports des plus favorables et de citations de l’Institut de France. Le vénérable de Humbold lui-même cite jusqu’à six fois du ton le plus sympathique, ces importants travaux de Marcuu dans. le 4° volume de son Cosmos.

En.novembre 1858, notre compatriote reçut à Salins, du gouvernement fédéral suisse, l'offre de la chaire de géologie paléontologique à l’école polytechnique que l’on venait d'établir pour louie la confédération helvétique. Cette distinction tout à fait inaltendue plut infiniment à Marcou , à qui avait toujours souri l’idée de séjourner en Suisse ; aussi, au printemps 1856, alla-t-il habiter Zurich. Là, pendant quatre ans, il se consacra enlièrement au professorat et à la publication d'ouvrages géologiques, dont quelques uns sont regardés comme des travaux remarquables par le monde

savant, Ce fut alors qu'il publia ses Lettres sur les Roches du Jura ; sa Géologie de l Amérique du Nord, ce dernier ouvrage, en langue anglaise ; son Dyas et, Trias, qui amena une véritable révolation dans cetle, partie de la géologie relative aux roches sur lesquelles, reposent les sels gemmes de Salins. Enfin, il fit aussi. alors le manuscrit de sa grande carte géologique de la: terre, qui, pour diverses raisons, ne fut publiée à Win-, terthur, qu’en 1862. Ce dernier travail est le premier. essai publié en ce genre, et, comme étude de synthèse et de résumé de tous les travaux des géslogues sur lé. monde entier , il présente un tableau fidèle, du plus haut intérêt, de l'état général de la géologie universelle jusqu’en 1860.

En mai 1860, Marcou reprend pour la quatrième fois la route de l’Amérique du Nord. Acssitôt débarqué, ii est sollicité par Agassiz, Barrande et Emmons de. s’occuper d’une question géologique des plus difficiles, de la plus haute importance, et sur laquelle on avait déjà beaucoup discuté, à savoir : — Quelles étaiént les roches stratifiécs contenant les débris fossiles des êtres: les plus anciens ( ou primordiaux }, qui aient fait leur apparition dans l’hémisphère occidental ?

Marcou se met à l'œuvre, et, pour arriver à dé brouiller les faits, ne craint pas d’entrer en lutte avec presque lous les géologues américains. En 1861-69 et 65, il fait quatre voyages dans le Vermont, au Lac

Champlain, et en Canada, pour réunir les preuves, et

il a enfin la satisfaction de ramener à ses vues ses ad

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versaires les plus opiniâtres. Bientôt Marcou, qui depuis longtemps avait l'intention d'explorer les bords du fleuve Missouri et le Nebraska, afin de relier les observations qu'il avait faites dans les Monlagnes Rocheuses et le Nouveau Mexique, avec celles qu'il avait Tapportées en 1848, du lac Supérieur et des Canadas: entreprit un nouveau grand voyage dans les solitudes des praieries américaines. Malgré la guerre civile, alors dans toute sa fureur ; malgré une guerre meurtrière avec les Indiens Sioux, il se rendit dans le Kansas et le Nebraska, en traversant des contrées infectées de bandes de gué:illas et d’Indiens Sioux. et réussit à étudier soigneusement toute la région comprise entre les rivières Kansas, Platle, et Big-Sioux, affluents du Missouri. Celte campagne dura trois mois , d’août à novembre 1863. Pendant l'hiver 1863-64, Agassiz, qui avait profilé du nouveau séjour de Marcou en Amérique pour lui confier la classification des fossiles d’un grand musée zootogique qu’il venait de fonder à l’universilé de Cambrige , lui offrit, de la part de l’Empereur du Brésil, d'aller faire un relevé géologique complet du vaste empire brésilien ; mais Marcou avait déjà décidé son retour en France, pour s’y consacrer tout entier à l’éducation de ses trois jeunes enfants, en se reposant enfin d’une vie qui n’a été exempte ni de fatigues ni de dangers.

En juin 1864, il s’embarquait donc à Boston , pour arriver les premiers jours de juillet à Salins, où, en. attendant qu’il rédige lui-même ses voyages plus en

détail, je viens de recueillir provisoirement .ce qi précède.

Comme il sera facile de le voir par les trente-huit d

brochures publiées par Marcou de 1846 à 186B, el dont je donnerai la liste ci-après, notre géologue n'a pas perdu son temps ; aussi son nom est-il devenu populaire dans tout le monde savant, en Amérique, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Italie, en Espagne, aussi bien qu’à Paris. Ce qui a fait la force de Marcou , c’est qu’à l’inverse de tant d’autres, il a recueilli ses observaions sur le terrain et non pas seulement dans les livres, aimant sa géologie pour elle-même, sans s'inquiéter des avantages pécuniaires ou honorifiques , dont on se préoccupe parfois un peu trop.

Parti de l'étude géologique des environs de Salins, Marcou résume bientôt, pour la première fois, au moyen des livres indigènes et de ses propres voyages, toute la géologie de l'Amérique du Nord ; puis retrouvant lout-à-coup, là bas, nos terrains jurassiques, il se lance à leur piste, à travers toutes les contrées et tous les travaux acquis de l’ancien et du nouveau monde, ce qui l'amène enfin à tracer, lui premier, avec une aulorité réelle, sa mappe-monde de la Terre, à "épi jurassique.

Enfin , comme couronnement de cette vu généralisalion, Marcou, en possession de tontes les notions géologiques aujourd’hui en cours, d’un bout du monde à l’autre, dresse sa grande mappe-monde géologique,

où, pour la première fois, le plus novice peut se renseigner, d’un seul coup d'œil, sur toutes les parties de notre planète qui sont acquises à la science, el sur toules celles aussi hélas ! qui restent à conquérir.

Parlez-moi des caboches franc-comtoises, pour aller résolument en besogne! J'ignore si, parmi les membres de l’Institut, il en est beaucoup qui puissent exhiber, à 41 ans, de pareils états de service ; en tous cas, le jour où ils ouvriront leurs rangs à siarcou , on ne les accusera pas de déroger.

Daus l'impossibilité d'examiner ici en détail les publications de Marcou, je tiens au moins à en dresser la liste chronologique que voici :

1. Notice sur la formation Keupérienne dans le Jura Salinois, in 4°. 10 pages.

Notice sur les différentes formations des terrains jurassiques dans le Jura occidental, in 4°. 22 pages.

Recherches géologiques sur le Jura Salinois ; avec Carte, in 4°, 151 pages.

Résumé du précédent volume. (Bulletin de la société géologique de France ). in 8°, 10 pages.

Réponse à mne note de M. Ernest Royer sur la non-existence des groupes portlandien et kim méridien dans les Mnts-Jura. (Bullet, de la soc, géol. de Fr, } 2 :: yes.

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6. Une leçon de M. Ch. Martins sur les anciennes lignes de niveau de la mer. (Bibliothèque universelle de Genève ). 23 pages.

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