‹ Julie (volume 2)Chapitre 13 sur 187 · LETTRE XXII. — DE JUL1E · texte numérisé non relu

LETTRE XXII. — DE JUL1E

Enfin le premier pas est franchi ^ et il a été question de vous. Malgré le mépris que vous témoignez pour ma doctrine , mon père en a été surpris : il n'a pas moins admiré mes progrès dans la musique et dans le dessin ^ ; et au grand étonnement de ma mère , prévenue par vos calomnies * y au blason près , qui lui a paru négligé, il a été fort content de tous mes talents. Mais ces talents ne s'acquièrent pas sans maître; il a fallu nommer le mien; et je Tai fait avec une énumération pompeuse de toutes les sciences qu'il voulait bien m'enseigner, hors une. Il s*est rappelé de vous avoir vu plusieurs fois à son précédent voyage , et il n'a pas paru qu'il eût conservé de vous une impression désavantageuse.

Ensuite il s'est informé de votre fortune; on lui a dit qu'elle était médiocre : de votre naissance; on lui a dit qu'elle était honnête. Ce mot honnête est fort équivoque à l'oreille d'un gentilhomme, et a excité des soupçons que l'éclaircissement a confirmés. Dès qu'il a su que vous n'étiez pas noble , il a demandé ce qu'on vous donnait par mois. Ma mère, prenant la parole, a dit qu'un pareil arrangement n'était pas même proposable ; et qu'au contraire vous aviez rejeté constamment tous les moindres présents qu'elle avait tâché de vous faire en choses qui ne se refusent pas ; mais cet air de fierté n'a fait qu'exciter la sienne. Et le moyen de supporter l'idée d'être redevable à un ro-

> Voilà . ce me semble . un sage de vingt ans qui sait prodigteoscment de choses, n est vrai que Julie le félicite à trente de n'être plus si savant.

2 Cela se rapporte k une lettre à la mère, écrite sur un ton équivoque, et qui a été supprimée.

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