PREMIERE PARTIE
serve-les tous deux ; et , du moins pour l'amour de toi-même , daigne prendre pitié de moi.
O Dieu ! suis-je assez humiliée? Te t'écris à genoux; je baip;ne mon papier de mes pleurs ; j'élève à toi mes timides supplications. Et ne pense pas cependant que j'ignore que c'éloit à moi d'en recevoir, et que , pour me faire obéir, je n'avois qu'à me rendre avec art méprisable. Ami , prends ce vain empire, et laisse-moi l'honnêteté: j'aime mieux être ton esclave , et vivre innocente , que d'acheter ta dépendarice au prix de mon déshonneur. Si tu daignes m'écoutèr, que d'amour, que de respects, ne dois-tu pas attendre de celle qui te devra son retour à la vie!, Quels charmes dans la douce unioa de deux âmes pures ! tes désirs vaincus seront la source de ton bonheur , et les plaisirs dont tu jouiras seront dignes du ciel même.
Te crois , j'espère qu'un cœur qui m'a paru mériter tout l'attachement du mien ne démentira pas la générosité que j'attends de lui ; j'espère encore que, s'il étoit assez lâche pour abuser de mon égarement et des aveux qu'il m'arrache, le mépris , l'indignation , me rendroient la raison que j'ai perdue, et que je ne serois pas assez lâche moi-même pour craindre un amant dont j'aurois à rougir. Tu seras Yertueux, ou méprisé ; je serai respectée , ou guérie. Voilà l'unique espoir qui me reste ava.Jt celui de mourir.