PREMIERE PARTIE. a
édés honnêtes aux actions éclatantes ! Vos denx mes sont si extraordinaires ^ qu'on n'en peut juger ur les règles communes. Le bonheur n'est pour eus ni sur la même route ni de la même espèce ne celui des autres hommes : ils ne cherchent que i puissance et les regards d'autrui ; il ne vous faut ue la tendresse et la paix. Il s'est joint à votre mour une émulation de vertu qui vous élevé; et ous vaudriez moins l'un et l'autre si vous ne vous tiez point aimés. L'amour passera , ose-t-il ajouter ; pardonnons -lui ce blasphème prononcé dans l'iliorance de son cœur;) l'amour passera, dit-il , et \s vertus resteront. Ah .' puissent-elles durer autant ue lui , ma Julie ! le ciel n'en demandera cas da- ,111 rage.
Enfin je vois que la dureté philosophique et naloiiale n'altère point dans cet honnête Anglais humanité naturelle , et qu'il s'intéresse véritableiciit à nos peines. Si le crédit et la richesse nou3 ■ uivoîent être utiles, je crois que nous aurions Il li de compter sur lui. Mais, hélas! de quoi serciit la puissance et l'argent pour rendre les cceurs eureux?
(let entretien, durant lequel nous ne comptions as les heures , nous a menés jusqu';'* celle du diné. l'ai fait apporter un poulet, et après le dîné nous \ (tns continué de causer. 11 m'a parlé de sa démar lif de ce matin, et je n'ai pu m't'uijtrcher de téiui<>ner quelque surprise d'un procédé si anthentiiic et si peu mesuré : mais, outre l.i raison c|n'il il «M «voit déjà donnée, il a ajouté qu'une deniilùsfaclion étoil indigne d'un homme de courage;
au.
2i4 LA NOUVELLE IIÉLOISE.
qu'il la falioit complette ou nulle, de peur qu'on ne s'avilît sans rien rrparcr , et qu'où ne fit attribuer à la crainte une démarche f.iiîe à contre-cœur et de mauvaise prace. D'ailleurs, a-t-il ajouté , ma réputation est faite, je puis être juste sans soupçon de lâcheté; mais vous , qui êtes jeune et débutez dans le monde , il faut que vous sortiez si net de la première affaire, qu'elle ne tente personne de vous en suscittr une seconde. Tout est plein de ces poltrons adroits qui cherchent, comme on dit, J tàter leur homme , c'est-à-dire à découvrir quelqu'un qui soit encore pins p dtroii qu'eux, et aux, dépens duquel ils jouissent se faire valoir. Je veux éviter à un homme d'honneur comme vous la nécessité de châtier sans gloire un de ces gens-là ; et j'aime mieux, s'ils ont besoin de leçon, qu'ils la reçoivent de moi que devons: car une affaire de plus n'ôte rien à celui r]ul en a déjà eu plusieurs mais en avoir une est toujours une sorte de tache , et l'amant de Julie en doit être exempt.
Voilà l'abrégé de ma lonç;ue conversation avec mylord Edouard. J'ai cru nécessaire de t'en rendre compte afin que ti: me prescrives la manière dont je dois me comporter avec lui.
Maintenant, que tu dois être tranquillisée, chasse, je t'en conjure , les idées funestes qui t'occupent d< puisquelques jorirs. Songe nuxména ,'eni('iits <ju'exice l'incertitude de ton itat actuel. Oh I si bientôt ti pouvois tripler mon être ! si bientôt un gage adore... Espoir déjà trop décn , viendrois-tu m'abuscr encore?... O dcsirs ! ô crainte I ô perplcxilél Charmant)