‹ JulieChapitre 121 sur 200 · PREMIERE PARTIE. aSS · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. aSS

:e rendis compte hier ont été suivies de poiut en >oint. En rentrant chez moi j'y trouvai M. d'Orbe !t mylord Edouard; je commençai par déclarer au lernier ce que nous savions de son héroïque généosité , et lui témoignai combien nous en étions ou tes deux pénétrées. Ensuite je leur exposai les I lassantes raisons que nous avions d'éloigner Il oniptement son-ami , et les difficultés que je préoyois à l'y résoudre. Mylord sentit parfaitement out cela , et montra beaucoup de douleur de l'effet u'avoit produit son zèle inconsidéré ; ils convinent qu'il étoit important de précipiter le départ dé m ami , et de saisir un moment de consentement our prévenir de nouvelles irrésolutions, et l'arralicr au continuel danger du séjour. Je voulois liarger M. d Orbe de faire à son insu les préparais convenables ; mais mylord , regardant cette afirc comme la sienne , voulut en prendre le soin. me promit que sa chaise seroit prête ce matin à ii/(.' heures, ajoutant qu'il l'accompagueroit aussi -m qu'il sera nécessaire , et proposa de l'emmener ;il)()rd sous un autre prétexte, ponr le déterminer lus à loisir. Cet expédient ne me parut pas assez iiic pour nous et pour notre ami , et je ne voulus i'- non plus l'exposer loin de nous au premier ef- I (l'un désespoir qui pouvoit pi us aisément échapr auxyeuxde mylord qu'aux miens. Je n'acceptai «s , [»ar la même raison , la proposition qu'il fit de li parler lui-inrme vT d'obtenir sou consentement. 5 prévoyois que cette négociation scroit délicate , je n'en voulus charger qne moi senle; car je con- 3is plus sûrement les endroits sensibles de son

cœur, et je sais qu'il règne toujours entre homme, une sécheresse qu'une femme sait mieux adoucir. Cependant je confins que les soins de mylord ne ^ous seroient pas inutiles pour préparer les choses , ie vis tout l'effet que pouvoient produire sur UB cœur vertueux les discours d'un homme sensible nui croit n'être qu'un philosophe, et quelle cnaleur ?a voix d'un ami pouvoit donner au raisonnemeat

^ renTgeai donc mylord Edouard à passer avec

lui la soirée , et , sans rien d.re c^ui eut -- "PP°^

direct à sa situation, de cUsposer insensiblement

son ame à la fermeté stoique. Vous qui savez si bien

.otre Epictete , lui dis-je , voici le cas ou jamais d* ^^

remployer utilement : distinguer avec soin les bieiu

apparents des biens réels , ceux qui sont en nou«

de ceux qui sont hors de nous. Dans un momen

oix l'epieuve se prépare au-dehors, prouyez-lu

nu'on ne reçoit jamais de mal que de soi-même , e

L le sage , se portant par-tout avec lui , porte auss

par-tout son bonheur. Je compris a sa réponse qu

cette légère ironie , qui ne pouvoit le fâcher , su!

"soit pSur exciter son xele , et qu'il comptoit fo,

m'envoyev le lendemain ton ami bien prépare. L i

toit tout ce que j'avois prétendu; car quoiqu a

fond je ne fasse pas grand cas , non plus que to)

de toute cette philosophie parllere , je suis persu:

dee qu'un honnête homme a toujours quelque bon

de changer de maxime du soir au matin et de

dédire en son cœur, dès le lendemain, de tout

aue sa raison lui dicloit la veille.

M. dOrbe vouloit être aussi de la partie , et pc

tRt

pis

tfp

idi;

rt( m

il,

eni

Page 1