‹ JulieChapitre 124 sur 200 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

ion accident ; je lui ai dit simplement que ton atleute avoit encore été trompée, et qu'il n'y avoit p i us rien à espérer. Ainsi , m'a-t-il dit en soupirant , il ne restera sur la terre aucun monument de mon Lnnheur; il a disparu comme un songe qui n'eut j rimais de réalité.

Il me restoit à exécuter la dernière partie de ta

commission, et je n'ai pas cru qu'après l'union

il;uis laquelle vous avez vécu il fallût à cela ni pré-

j);ir;itif ni mystère. Je n'aurois pas même évité un

[(Il d'altercation sur ce léger sujet, pour éluder

1 Ile qui pourroit renaître sur celui de notre entre-

l'.rn. Je lui ai reproché sa néglipjence dans le soin

le ses affaires. Je lui ai dit que tu craignois que de

ioiinr-tempsil ce fût plus soigneux, et qu'en iatten-

il.iiit qu'il le devînt tu lui ordonnois de se conser-

' ' r pour toi, de pourvoir mieux à ses besoins , et

l< se charger à cet effet du léger supplément que j'a-

> lis à lui remettre de ta part. Il n'a ni paru humi-

I ile-cette proposition , ni prétendu en faire une

iM.iirc. Il m'a dit simplement que tu savois bien

juc rien nu lui venoit de toi qu'il ne reçût avec

I ransport , mais que ta précaution étoit superflue,

I qu'une petite maison qu'il venoit de vendre à

■ .inson(i), rcsie de son chétif patrimoine , lui

soit procuré plus d'argent qu'il n'en avoit pos-

I ) Je suis un p<u en peine de savoir roinmt'nt cet lii.iiit anonyme , qu'il sera dit oi-après n'avoir pas cn-

iore viuj^t -quatre ans, a ])u vendre une maison n'c-fant las majeur. < !es lettres sont si pleines de seinhiahles al)nnlités, (ju(; je n'en parierai plus; il suHit d'en avoir rerti.

sédé lie sa vie. D'aillenrs , a-l-il ajouté , j'ai qaelqnes talents dout je puis tirer par-tout des ressources. Je serai trop heureux de trouver dans leur exercice quelque diversion à mes maux ; et depuis que j'ai vu de plus près l'usage que Julie fait de son superflu, je le regarde comme le trésor sacré de la veuve et de l'orphelin , dont l'humanité ne me permet pas de rien aliéner. Je lui ai rappelé son royage duValais, ta lettre, et la précision de tes ordres. Les mêmes raisons subsistent... Les mêmes ! a-t-il interrompu d'un ton d indignation. La peine de mon. refus éto^t de ne la plus voir : qu'elle me laisse donc rester, et j'accepte. Si j'obéis, pourquoi me punit-elle? Si je refuse, que me fera-t-elle de pis."*... Les mêmes ! vépétoit-il avec impatience. Notre unioiv commencoit; elle est prête à finir; peut-être vais-je pour jamais me séparer d'elle ; il n'y a pins rien de commun entre elle et moi ; nous allons être étrangers l'un à 1 autre. Il a prononcé ces derniers mots avec un tel serrement de cœur, que j'ai tremblé de le voir retomber dans l'état d'où j'avois eu tant de peine à le tirer. Vous êtes un enfant, ai-je affecté de lui dire d'un air riant; vous avez encore besoin, d'un tuteur, et je veux être le vôtre. Je vais garder ceci ; et pour eu disposer à propos dans le commerce que nous allons avoir ensemble, je veux être in :>truite de toutes vos affaires. Je tâchois de détourner ainsi ses idées funestes par celle d'une correspon ibnce familière continuée entre nous; et cette ame simple, qui ne cherche pour ainsi dire qu'à «'accrocher à ce qui t'environne, a pris aisément Icchanijc. Nous nous sommes ensuite ajustés pour les adresses

Page 1