TROISIEME PARTIE
1 d'homines au monde auxqiiels il n'en fflndroit 5 davantap^e pour concevoir une jalousie effrénée, . mépris invincible, et peut-être attenter aux jours ine femme? Il faut pour ce délicat examen avoir ■irdaux tpraps, aux lieux, aux caractères. Dans le ys où je suis, de pareilles confidences sont sans cuu danger, et ceux qui traitent si légèrement la i. conjuiîale ne sont pas geus à faire une si grande aire des fautes qui précédèrent l'engagement. Sans rler des raisons qui rendent quelquefois ces aveux dispensables, et qui n'ont pas eu lieu pour vous, connois des femmes assez médiocrement estimaes qui se sont fait à peu de risques un mérite de tte sincérité , peut-être pour obtenir à ce prix une nfiance dont elles pussent abuser au besoin. Mais ns des lieux où la sainteté du mariage est plus spectée , dans des lieux où ce lien sacré forme une lion solide , et où les maris ont un véritable attaenient pour leurs femmes, ils leur demandent un •mpte plus sévère d'elles-mêmes ; ils veulent que urs cœurs n'aient connu que pour eux un sentient tendre; usurpant un droit qu'ils n'ont pas, ils agent qu'elles soient à eux seuls avant de leur apirlenir, et ne pardonnent pas plus l'abus de la li- •jrté qu'une infidélité réelle.
Croyez -moi, vertueuse Julie, défiez-vons d'un de sans fruit et sans nécessité. Gardez un secret angereux que rien ne vous oblige à révéler, dont i comniuiiicatiou peut vous perdre et n'est d'au- (in usage à votre époux. S'il est digne de cet aveu, )n amc en sera contristée, et vous l'auror. affligé ins raison. S'il u'cn est pas digne, pourquoi vouai.
a^o LA NOUVELLE MÉLOISE.
lez-vous ClOnner un prétexte à ses torts envers tous? Oue save?.-vous si votre vertu , (|ui vous a soutenue contre les attaques de votre cœur vous soutiendroil encore contre des chagrins domestiques toujour» renaissants? ]N 'empirez point volontairement voi maux, de peur qu'ils ne deviennent plus forts que votre courage, et que vous ne retombiez à force de scrupules dans un état pire que celui dont vous avex en peine à sortir. La sagesse est la base de toute vertu: consultez-la, je vous en conjure, dans la plus importante occasion de votre vie; et si ce iatal secret vous pesé si cruellement, attendez du moins pour vous en décharger que le temps , les années, vous donnent une connoissance plus parfaite de votre époux, et ajoutent dans son cœur, à l'effet de votre beauté, l'effet plus sûr encore des charme» de votre caractère , et la douce habitude de les sentir. Enfin quand ces raisons, toutes solides qu elle» sont , ne vous'persuaderoient pas , ne fermez point l'oreille à la voix qui vous les expose. O Julie! écoutez un homme capable de quelque vertu, et qui mérite au moins de vous quelque sacrifice par celui qu'il vous fait aujourd'hui.
11 faut finir cette lettre. Je ne pourrois, je le sens , m'enipêcher d'y reprendre un ton que vous ne devee plus entendre. Julie, il faut vous quitter! si jeuue encore , il faut déjà renoncer au bonheur! O temj»s qui ne dois plus revenir ! temps passé pour toujours, source de regrets éternels! plaisirs, transports, douces extases, moments délicieux, ravissements célestes! mes amours, mes uniques amours, hou» ceur et charme de ma vie! adieu pour jamais.