‹ JulieChapitre 175 sur 200 · XIX. RÉPOWSE · texte numérisé non relu

XIX. RÉPOWSE

I j T vous ne seriez plu» ma Julie? Ah! ne dites pas :eln, digne et respectable femme; vous l'êtes plu»

NOrV. HKI.OISE. a.

aHG LA NOUVELLE II É LOI SE.

que jamais. Vous êtes celle qui luéritez les horamages de tout l'univers; tous êtes celle que j'adorai eu commençant d'être sensible à la véritable beauté j TOUS êtes celle (jue je ne cesserai d'adorer , même après ma mort, s'il reste encore en mon ame quelque souvenir des attraits vraiment célestes qui lenchanter» nt ilurant ma vie. Cet effort de courage qui vous ramené à toute votre vertu ne vous rend que plus semLlHble à vous-même. Non, non, quelque .supplice que j'éprouve à le sentir et le dire, jamais vous ne lûtes mieux ma Julie qu'au moment que vous renoncez à moi. Hélas! c'est en vous pcrd;.nt que je vous ai retrouvée. Mais moi dont ie c(. iir frémit au seul projet de vous imiter , moi tourmeiilé d'une passion criminelle que je ne puis ni supporter ni vaincre , suis-je celui que je pensois être ? Ltoisje digue de vous plaire? Qut-l droit avois-je de vous importuner t^e mes plaintes et de mon désespoir? i C'étoit bien à moi d'oser soupirer pour vous! Et f qu'étois-je pour voue aimer.^

Insensé ! comme si je u'éprouyois pas assez d'humiliations sans en recbercber de nouvelles.' Pourquoi compter des différences que l'amour lit disj .roître? 11 m'élevoit, il m'égaloit à vous, sa ilaiiiiiâC nie soutenoit ; nos cœurs s'éloient confondus ; tous leurs sentiments nous étoient communs, et les miens partageoicnt la grandeur des vôtres. Me voilà donc retombé dans toute ma bassesse! Doux espoir qui nourrissois mon ame et m'abusas si long-temps , te voilà donc éteint sans retour! Elle ne sera point à moi ! Je la perds pour toujours ! Elle fait le bonheur • d'un autre!... Orage! à tourment de l'enfer!... In

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idele.'ah! devois-tu jamais. . .? Pardoa, pardon, nadanie; ayez pitié de mes fureurs. (> dieu! vous ( avez trop bien dit, elle if'est plus... ellen esjplus, ;ette tendre Julie à qui je pouvois montrer fous les nouvements de mon cœur! Quoi! je me trouvois nalheurenx, et je pouvois me plaindre!,,, ellepou- /■oit m' écouter! J'étois malheureux!... que suis-je lonc aujourd'hui?... Non, je ne vous ferai plus ougir de vous ni de moi. C'en est fait, il faut reloncer l'un à l'autre , il faut nous quitter : la vertu nême en a dicté l'arrêt; votre main l'a pu tracer. )ublions-nons... oubliez-moi du moins. Je l'ai réolu, je le jui'e; je ne vous parlerai plus de moi.

Oserai -je vous parler de vous encore , et conserrev le seul intérêt qui me reste au monde , celui de '•otre bonheur? En m'exposant l'état de votre ame ous ne m'avez rien dit de votre sort Ah ! pour irix d'un sacrifice qui doit être senti de vous , dai- ;iiez me tirer de ce doute insupportable. Julie, •les- vous heureuse? Si vous l'êtes, donnez- moi lans mon désespoir la seule consolation dont je sois usceptible; si vous ne l'êtes pas, par pitié daignez ne le dire, j'en serai moins lon^-temps malheueux.

Plus je réfléchis sur l'aveu que vous méditez, noins j'y puis consentir; et le même motif qui n'ôla toujours le courage de vous faire un refus mo oit rendre inexorable sur celui-ci. Le sujet est de A dernière in)[i()rtauce, et je vous exhorte à bien cser mes raisons. Premièrement, il me semble qiïe olre extrêi)ie délicatesse vous jette a cet éj:;ard dans 'erreur, et je ne vois point sur quel foudcmeot la

pins aostere vertu pourroit exiger une pareille confession. j\nl engagement au monde ne peut avoir un er(et rétroactif. On ne sanroit s'obliger pour le passé, ni promettre ce qu'on n'a pins le pouvoir de tenir : pourquoi devroit-on compte à celui à qni l'on s'engage de l'usage antérieur qu'on a fait de sa liberté et d'une fidélité qu'on ne lui a point promise? ISe vous y trompez pas, Julie ; ce n'est pas à votre époux , c'est à votre ami que vous avez manqué de foi. Avant la ivrannie de votre père, le ciel et la nature nous avoient unis lun à l'autre. Vous a\ez fait en formant d'autres nœuds un crime que laniour ni l'honneur peut-être ne pardonnent point, et c'est à moi seul de réclamer le bien que M. de Wolmar m'a ravi.

S'il est des cas où le devoir puisse exiger un pa- i reil aveu, c'est quand le danger d'u&e rechute obli^^c t une femme prudente à prendre des précautions p i i ; 1 1 s'en garantir. Mais votre lettre m'a jilns éclairé (jue h vous ne pensez sur vos vrais sentiments. En la li- f, haut , j'ai senti dans mon propre eœur combien le n vôtre eut abhorré de près, même au sein de l'amour, k un engagement criminel dont l'éloigncment nous i ôtoit l'horreur. i

Dès -là que le devoir et l'honnêîeté n'exigent pas (« cette confi dence , la sagesse et la raison la défendent ; car c'est risquer sans nécessité ce qu'il y a de pluS'tl précieux dans le mariage, l'attachement d'an époux, la mutuelle confiance , la paix de la maison. Avezvous assez réfléchi sur une pareille démarche."' Connoissez-vous assez votre mari pour être sûre de l'ef-o, (et qu'elle produira soi- lui.-* Savez-vous couibien il, j,

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