‹ JulieChapitre 33 sur 200 · XVIII. À J U Ll K · texte numérisé non relu

XVIII. À J U Ll K

J'ai reçu vos dons, je suis parti sans vous voir , nie voici bien loin de vous ; êtes-vous contente de vos tyrannies , et vous ai-je assez obéi ?

.le ne puis vous parler de mon voyage ; à peine sais-je comment il s'est fait. J'ai mis trois jours à faire vingt lieues ; cbaque pas qui m'éloignoit de vous séparoit mon corps de mon ame , et me donnoit un sentiment anticipé de la mort. Je voulois vous décrire cv que je verrois. Vain projet ! Je n'ai riea vu que vous , et ne puis vous peindre que J ulie. Les puissantes émotions que je viens d'éprouver coup sur coup m'ont jeté dans des distractions continuelles ; je me seutois toujours oii je n'étois point : H peine avojs-jeassez de présence d'esprit ponrsuivre et demander mon cbemia , et je suis arrivé à Sion sans être parti de ^ evai.

C'est .linsi que j'ai trouvé le secret d'éluder votre rigueur et de vous voir .'ans vous désobéir. Oui , < ruelle , quoi que vous ayez su faire , vous n'ave* pu me séparer de vous tout entier. Je n'ai traîné dans mon exil que la moindre partie de moi-mèmp: tout ce qu'il y a de vivant en moi demeure auprès de vous sans cesse. Il erre impunément sur vos yeux y sur vo$

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