‹ JulieChapitre 49 sur 200 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

l'heure passe, et tu ne viens point. Tous les objets que j'apperçois me portent quelque idée de ta présence pour nfavertir que je t'ai perdu. Tu n'as point ce supplice affreux : ton cœur seul peut te dire que je te manque. Ali ! si tu savois quel pire tourment c'est de rester quand on se sépare, combien tu préfcrerois ton état au mien !

Encore si j'osois gémir, si j'osois parler de mes peines , je me sentirois soulager des maux dont je ponrrois me plaindre : mais , bors quelques soupirs exhalés en secret dans le sein de ma cousine, il faut étouffer tous les autres ; il faut contenir mes larmes ; il faut sourire quand je me meurs.

Sentirsi , o Dei ! morir, E non peter mai dir ; Morir rai sente (i)!

Le pis est que tous ces maux aggravent sans cesse mon plus grand mal , et que plus ton souvenir me désole, plus j'aime à me le rappeler. Dis-moi , mon ami , mou doux ami ! scns-tii conibien un coeur languissant est tendre, et combien la tristesse fait fermenter l'amour?

Je voulois vous parler de mille choses ; mais, outre qu'il vaut mieux attendre de savoir positivement où vous êtes, il ne m'est pas possible de continuer cette lettre dans l'élat où je me trouve eu l'écrivant. Adieu, mon ami; je quitte la plume, mais croyez que je ne vous quitte pas.

(i) () difux ! se sentir mourir, et n'oser dire : Je me sens mourir! M&tast.

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