ACTE PREMIER
DE CAMBRE
Comment ça? Pourquoi '?
TURGY
Cherche !
DE CAMBRK, après réflexion.
Parce que j'ai des maîtresses?
TURGY
Peut-être bien !
DE CAMBRE
Mais, d'abord, mon cher, j'en ai toujours eu.
TURGY
Bonne excuse!
DE CA.MBRE.
11 n'y a donc là rien de nouveau... Et ensuite, mon ami... Mais, non, je ne veux pas te dire cela..., parce que tu es un homme candide... toi... Tu ne connais pas les femmes... ^et je suis sûr que tu bondirais... tu bondirais!...
TURGY
Mais, enfin, quoi ?
DE CAMBRE
Eh bien, mon ami... sois calme, je t'en pVie... je ne suis
pas du tout persuadé, moi, qu'une femme dont le mari a dfs maîtresses en soit au fond très-désagréablement affectée.
TURGr.
Ah!
DE CAMBRE
Je n'irai pas jusqu'à dire que cela la ûatte... non!... Et cependant écoute, mon cher, si jamais tu te maries, si tu veux consener l'estime de ta femme, et si tu n'as pas de maîtresse... lu en es bien capable!... eh bien, crois-moi, fais semblant d'en avoir.
TURGT.
Allons, mon ami!
DE CAMBRE, se levant.
Permets! Tu n'as donc jamais remarqué que tous les matis trompés sont des hommes de mœurs irréprothables?... C'est que leurs femmes les méprisent, mon ami... J'en suis fâché pour elles... je n'apprécie pas ce sentiment-là... je constate, voilà tout!... Quant à moi. du reste, je te l'avoue, si j'ai toujours sacrifié aux grâces légères, ce n'est pas du tout par système, par calcul... Non: moi, c'est mon goût... c'e?t mon vice... Il faut bien en avoir un... Je n'en ai réellement pas d'autre...
TURGV.
Tiens! parce que tu ne peux pas... parce qu'on ne peut pas