ACTE PREMIER
TURGY
Au fait... pourquoi ça?
, JULIE, après une pause.
Le ciel est noir là-bas, vous disiez?
TURGY, la regardant.
Très-noir, oui... Qu'est-ce que vous avez, vous''
Moi? Comment?
TURGY
11 y a quelque chose... Vous ô'.es agitée, inquiète, un peu pâle même... et puis l'accent bref des heures mauvaises... Qu'est-ce qu'il y a donc ?
Il se lève, JULIE.
Rien... je suis un peu ennuyée.
TURGY
Beaucoup !
Beaucoup, oui... (souriant.) Je suis au martyre. J'attends mon arrêt.
TURGY
Votre arrêt ?
Je vous ai dit, jo crois, que mon désir ardent était que ma fille ne retournât pas cette année au couvent... Elle va avoir seize ans... Son éducation est faite, ou du moins pour ce qui reste h faire, je pense que mes leçons vaudraient celles de ces dames... mais ce n'est pas l'avis de mon mari.
Ah! ^
Je le pressentais, et il a fallu que je fusse au pied du mur, c'est-à-dire à la fin des vacances, pour oser aborder la question avec lui. L'explication a eu lieu hier soir, et je n'ai rien pu obtenir.
Elle est partie?
TURGV.
Non, mais elle va partir ce matin, j'en ai grand'peur. Il ne me reste qu'une espérance, bien faible. — Cécile, à la dernière minute, a voulu tenter un effort suprùme... Son père l'adore, vous savez... elle sera peut-être plus heureuse que moi... Ils sont en conférence depuis un quart d'heure... et, comme je vous le dic-ais, j'attends mon arrêt.
TURGV.
Je comprends votre anxiété, et je vous demande pardon d'être tombé là... si maladroitement...