ACTE DEUXIÈME. R
JULIE, éperdue.
SGÈrsE IX.
CECILE, entrant joyeusement.
Ah ! ma mère !
Elle court à sa m^re, et veut se jeter dans ses bras. Julie l'arrête et la regarde avec égarement, lui tenant les deux mains.
Toi !... toi!
CÉCILE
Oui, moi... c'est bien moi, ma mère chérie... Eh bien ! tu ne m'embrasses pas?
JULIE, elle hésite, la repousse à demi, puis tout à coup, avec un cri.
Ah !... c'est impossible !... Ma fille! mon enfant!
Elle la serre sur son cœur en sanglotant. CÉCILE.
Mais tu ne savais donc pas'... mon père ne t'avait rien dit?
Rien... rien... je ne comprends pas... Que s'ost-il passé?
CECILE
Il a voulu te donner la surprise... Imagine-toi... nous allions monter en voiture, ma cousine et moi... avec cet aimable couvent en perspective... quand Francisque est arrivé et m'a remis ce petit billet, ce cher petit billet... Tiens, lis.
Je ne peux pas .. tu vois... je ne pourrais pas... Lis, toi.
Elle s'assoit.
CÉCILE
Eh bien, écoute : (Lisant le biiiet.) « Ma chère mignonne, plus de couvent... » — Tu entends!... « Je cède à la tristesse de ta mère et à mes propres sentiments, tu ne nous quitteras plus. Dis à Justin de te ramener vite, vite... » Je n'y ai pas manqué, val... « Viens dîner avec ta mère, et dis-lui que je l'aime bien!... » et dis-lui que je l'aime bien.
EUe ri'pète la phrase en embrassant sa mî-re. JULIE prend le billet et le relit.
0 Dieu du ciel!
CÉCILE
Mais tu n'as pas l'air content du tout, tu sais?
Comment veux-tu ?... J'étais si loin de m'attendre... je ne sais où je suis... Oh! ma pauvre petite!
Elle lui baise les mains.