ACTE DEUXIEME
Remets-toi, remets-toi... calmons-nous toutes deux... Il ne fiiut pas que notre bonheur ressemble à du chagrin... Tiens! sais- tu ce que nous allons faire ? Nous allons nous installer là toutes deux... gentiment... avec ta grande tapisserie... chacune à noire bout... et causer,., et nous regarder... et nous aimer tranquillement. Yeux-tu ?
Ce que tu voudms.
CÉCILE, eUe approche un panier à pieds plein de laines, de soies et d'ouvrages de fem.-ne.
La ! (Elle déploie entre elles une bande de tapisserie commencée aux deux extrémités, et s'assoit en face de sa mère. — Elles travaillent.) Ouellc
joie, dis! Ah! comme j'avais le cœur gros, hier soir, quand j'ai fait mon dernier point et que je me suis dit : la suite à l'an prochain!... Voilà une année qui a passé vite, par exemple!... Et mon père est à Paris?
Oui... tu sais... il y avait à faire.
CÉCILE
Comme nous le recevrons demain, n'est-ce pas?... Ainsi, ma pauvre mère, (u as passé cette triste journée toute seule. Ah! non, au fait, M. de Turgy est venu, je l'ai vu ce matin.
Oui.
CÉCILE
11 va être content aussi, n'est-ce pas?
J ULIE.
Qui?
CÉCILE
M. de Turgy.
Oh! oui, certainement... Vois-tu.,, je te regarde... je n'en crois pas mes yeux...
CÉCILE, lui souriant.
C'est pourtant bien moi, je t'assure, et cette fois, pour toujours, entends-tu? pour toujours!
Hélas !
Pourquoi liélas! s'il vous plaît?
C'est que... je pense à l'avenir... il faudra bien un jour ou l'autre me séparer de toi!
CÉCILE
Mais quand donc? Pourquoi?