ACTE TROISIEME
C ÉCI LK.
Oui ; mais pour cela il faut aimer quehiu'un plus qu'on ne les aime, ou du moins autant, et moi j'attends encore ce quelqu'un.
Voilà une raison... et s'il arrivait, ce quelqu'un... ou plutôt s'il revenait?
Comment? qui donc?
DE CAMBRE, s'asseyant près de sa ûl!e.
Ma chère petite, je te vais témoigner plus de confiance que tu ne m'en montres. Je crois que tu as beaucoup de raison, de courage, et même, quand tu veux, de franchise... et je vais faire appel à toutes ces qualités : à ta franchise d'abord... Me suis-je absolument trompé quand j"ai cru remarquer, pendant les vacances de l'an dernier, que tu sentais un petit faible de cœur pour mon ami Maxime?
CÉCILE
Pour M. de Turgy?
DE CAMBRE
Pour Turgy, oui.
C'est vrai, mon père.
DE CAMBRE
Gentille enfant!... Maintenant c'est à ta raison et à ton courage que je vais m'adresser, s'il y a lieu. Dis-moi, chère petite, as-tu laissé entendre ou deviner d'une façon quelconque à Turgy tes sentiments pour lui?
CÉCILE
Jamais, mon père.
DE CAMBRE
Non... Mais rien dans son langage, dans son attitude, at-il jamais pu te faire croire qu'il soupçonnât ces sentiments?
Jamais rien, mon père.
DE CAMBRE
Tu es sûre?
CÉCILE
Oh! bien sûre. Il était bon et aimable pour moi; mais je sentais bien qu'il me traitait en enfant... On ne se trompe pas à ces nuances-là... et même j'en avais un peu de chagrin.
DE CAMBRE, l'embrassant.
Pauvre fillette ! Si je te demande tout cela, c'est que le départ de Maxime pour l'Egypte, l'an dernier, a été si brusque, si bizarre, que j'en ai toujours cherché la cause déterminante ; et comme ce départ avait justement coïncidé avec ton retour