‹ Julie Ou La Nouvelle HéloïseChapitre 24 sur 126 · PREMIERE PARTIE. &S · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. &S

ce supplice affreux : ton cœur seul peut te dire qtte je te manque. Ah ! si tu savois quel pire tourment c'est de rester quand on se sépare, combien tu préférerois ton élat au mien !

Encore si j'osois gémir, si j'osois parler de mes peines, je me sentirois soulagée des maux dont je pourrois me plaindre : mais, hors quelques soupirs exhalés en secret dans le sein de ma cousine, il faut étouffer tous les autres ; il faut contenir mes larmes ; il faut sourire quand je me meurs.

Sentirsi, o Dei ! morir, E non polcr mai dir:

Horir mi sente' I

Le pis est que tous ces maux aggravent sans cesse mon plus grand mal, et que plus ton souvenir me désole, plus j'aime à me le rappeler. Dis-moi, mon ami, mon doux ami ; sens-tu combien mi cœur languissant est tendre, et combien la tristesse fait fermenter 1 jmour? fil

Je voulois vous parler de mille choses ; mais, outre qu'il vaut mieux attendre de savoir positivement où vous êtes, il ne m'est pas possible de continuer cette lettre dans l'état où je me trouve en récrivant. Adieu, mon ami ; je quitte la plume, mais croyez que je ne vous quitte pas.

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