‹ Julie Ou La Nouvelle HéloïseChapitre 6 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

désormais sans remède, et je sens avec désespoir que le feu qui me consume ne s*éteindra qu'au tombeau.

N'importe; qui ne peut se rendre heureux peut au moins mériter

de l'être, et je saurai vous forcer d'estimer un homme à qui vous

n'avez pas daigné faire la moindre réponse. Je suis jeune et peux

mériter un jour la considération dont je ne suis pas maintenant di*-

gne. En attendant, il faut vous rendre le repos que j'ai perdu pour

toujours, et que je vous ôte ici malgré moi. Il est juste que je porte

seul la peine du crime dont je suis seul coupable. Adieu, trop belle

Julie ; vivez tranquille, et reprenez votre enjouement ; dès demain

TOUS ne me verrez plus. Mais soyez sûre que Tamour ardent et pur

dont j'ai brûlé pour vous ne s'éteindra de ma vie, que mon cœur,

plein d'un si digne objet, ne saui^oit plus s^avilir, qu'il partagera dé-*

sonnais ses uniques hommages entre vous et la vertu, et qu'on ne

ferra jamais profaner par d'autres feux l'autel où Julie fut adorée.

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