‹ Julien et Marguerite de RavaletChapitre 101 sur 113 · Document inédit · texte numérisé non relu

Document inédit

Réponse da roi Henri IV à la harangue du Parlement de Paris sur les lettres dites d'abolition, le 7 février 1603.

J'ai reçu en bonne part tout ce que m'avez dit, et de tous les points que vous avez touchés je ne contredirai à un seul, parce ^que je reconnois que tout cela est véritable.

Le fait ne se peut excuser, mais je vous dirai que j'ai été le premier qui a fait la punition de la faute commise par M. de Saint-Géran * ; car je l'ai banni de ma présence l'espace de plus de deux ans, et vous dirai en passant que j'ai été plus sévère que ma cour, car on l'a vu se promener par cette ville et par le Palais même, et parler à aucuns de votre compagnie, depuis qu'il a été accusé, et néanmoins personne n'a parlé de le faire prendre. Vous direz à ma cour* que j'ai trouvé fort bon qu'elle se soit montrée roide lors de la présentation des lettres d'abolition, et que je trouve bon qu'elle ait pris la voie de remonstrances ; mais aussi lui direz qu'ayant su comme Saint-Géran a reconnu sa faute et qu'il a satisfait à tous ceux qui étoient intéressés, me ressouvenant aussi des services de son père et le connoissant gentilhomme de valeur, qui pourra servir, je lui ai accordé les lettres d'abolition, que je veux être vérifiées purement et simplement, sans condamnation ni autre restitution. Je sais bien que les services n'excusent pas du tout une faute; si est-ce qu'ils doivent tirer en considération en ces occurrences. Je vous ai dit que je ne contredirai

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