‹ Julien et Marguerite de RavaletChapitre 107 sur 113 · C. — Les Premiers Historiens des Ravalet · texte numérisé non relu

C. — Les Premiers Historiens des Ravalet

Pierre de l'Estoile.

Pierre de l'Estoile, né à Paris en i546, était par sa mère petit-fils du garde des sceaux Montholon. Avocat, puis grand-audiencier de France, il allait être exilé par la Ligue lorsque Henri IV entra dans Paris. Esprit bourgeois, mais

parisien, très informé des choses de la politique, de la ville et surtout du Palais de Justice, il a des curiosités de notaire et de greffier, ce qui, malgré la sécheresse du style, donne la saveur de la chose vue et vécue à ses curieux et précieux Mémoires-Journaux des règnes d'Henri III et Henri IV.

L'Estoile, mort en 1611, eut pour fds l'académicien Claude de l'Estoile, l'un des poètes qui collaboraient aux pièces de Richelieu.

En ce qui concerne les Ravalet, outre une foule d'utiles indications et renseignements, l'Estoile enregistre l'assassinat de deux amants adultères (Voyez page 277), la réception au Parlement du conseiller Pierre Séguier III (page 241) et la décapitation de Marguerite et de Julien (page 826), — ce dernier récit d'une saisissante brièveté.

L'Anonyme de i6o4

L'auteur de la plaquette : Supplice d'un frère et sœur, etc., datée de i6olx, mais imprimée et vendue sur la voie publique en décembre i6o3, ne peut être que l'imprimeur lui-même, Philippe Du Pré, petit-fils ou petit-neveu du célèbre Galliot Du Pré'.

Ce document, d'une valeur capitale, émane d'un témoin oculaire et auriculaire. On y sent, non point l'écrivain de métier, mais l'homme qui vit avec les livres et se pique de vouloir écrire. Philippe Du Pré connaissait l'écolier Julien de Ravalet; pourtant, l'indignation éteint sous sa plume tout souvenir amical, sans qu'il refuse sa pitié aux incestueux.

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