ANQEN PLAN DE VALOGNES
(Conservé à l'Hôtel de Ville.)
A. Église Saint -Malo et place du Marché. — 2. Place des Halles et gibet. — 4- Hôtel Lefebvre de Hautpitois. — 6. Couvent Notre- Dame-de-Protection. — i4. Rue de Poterie. — Au Nord, place carrée du Château et route de Cherbourg.
l58 JULIEN ET MARGUERITE DE RAVALET
lande du gibet, — le pays abonde en patibulaires, — lieu d'effroi, qu'une superstition traditionnelle fait éviter au voyageur*. La voici maintenant en plein sar la route de Saint-Sauveur-le-\ icomte, galopant dans la nuit vers Lieusaint, toute à la joie d'avoir reconquis sa liberté. Elle laisse loin derrière elle, sans regret, le castel de Hautpitois, sa maison des champs, et vers cinq heures du matin, au petit jour, entre à Saint-Sauveur, frappe à la première auberge venue... Plus n'est besoin, à présent, de quitter la selle, quand le courtaud hésite, de tâter à droite et à gauche, d'écarter à coups de houssine les loups errants dans la campagne. Elle est loin déjà; et le receveur n'apprendra que dans deux heures, au plus tôt, la nouvelle équipée de sa femme.
Après quelques instants de repos, la belle Ravalet repart. Le soleil éclaire sa route, et personne ne l'a reconnue. Elle a bien emporté son masque, mais ce masque lui vaudrait d'indiscrets regards. Au reste, nombre de femmes trottent par monts et par vaux, de nuit et de jour, en basse Normandie : paysannes, citadines, dames de qualité, courant au marché, à la ville, au château, où attendent les acheteurs, les maris ou les amants. Il en est ainsi dans tout le royaume; pourtant le Gotentin pratique, mieux qu'un autre pays, le vieux proverbe :
Coucher de poule et lever de corbeau Eloignent l'homme du tombeau.
Marguerite a laissé, sur sa gauche, \aranguebec et