‹ Julien et Marguerite de RavaletChapitre 47 sur 113 · Aujourd'hui Saint- Aiglan · texte numérisé non relu

Aujourd'hui Saint- Aiglan

4. Rugles, chef-lieu de canton, arrondissement d'Évreux (Eure).

l86 JULIEN ET MARGUERITE DE RAVALET

élégante, fortunée, décorative. Jean ne révéla donc pas au seigneur de Saint-Eglan l'infâme lien qui unissait très probablement ses deux hôtes inattendus. Mais la grossesse de la jeune femme ne lui échappa point, pas plus qu'à Philippe et aux époux de La Vigne, quoique, pour la dissimuler, Marguerite eût repris les voluptueux habits de son sexe. Elle n'y parvint point, elle ne pouvait, ne voulait pas y parvenir ! L'être qui tressaillait dans ses flancs n'était-il pas l'enfant de Julien, l'enfant de l'amour*? Et quand sa tante Marie l'interrogea sur ses projets d'avenir, sur la chance que pouvait encore avoir Jean Lefebvre de recouvrer sa femme, Marguerite répondit, comme aux gens de Fougères, que Julien l'emmenait à Paris pour l'y faire entrer en religion.

La vérité, c'est que M. et M"*' de Tourlaville, ayant fini par retrouver les traces de Julien, lui ordonnèrent de conduire la demoiselle de Hautpitois chez un de ses oncles ou de leurs beaux-frères, à ÎSeufmesnil, Saint-Églan, Sideville ou Pierrepont. En s'arrêtant chez Gabriel de La Vigne, le jeune noble obéissait aux volontés paternelles; mais Paris lui apparut bientôt comme un paradis, la seule ville du monde où elle et lai, échappant aux remontrances, aux recherches, aux aboiements du mari, pourraient se consacrer uniquement à leur amour. Paris, où il avait vécu dix mois, avec ses centaines de rues, ses milliers et milliers de maisons, ses hôtelleries, aussi nombreuses que discrètes et complaisantes; Paris, avec les ressources du masque, de la litière, et la possibilité d'y prendre un nom d'em-

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