‹ Julien et Marguerite de RavaletChapitre 58 sur 113 · EDOUARD MOLE · texte numérisé non relu

EDOUARD MOLE

Président à mortier au Parlement de Paris. Président de la Tournelle criminelle de i6o3-i6o4.

(D'après Dupavillon.)

d'où Henri lY l'a tiré. Redevenu simple conseiller en iBg^, Edouard Mole a reçu le mortier en avril 1602. Ses frères siègent à la Cour des aides. Son fils, Mathieu Mole, né en i584, sera seigneur de Champlâtreux, premier président, puis garde des sceaux, et contribuera comme procureur général à sauver du bûcher le poète Théophile de Yiau. Les Mole, famille d'origine champenoise, issue de Guillaume Mole, magistrat sous Charles YII, écartèlent : aux i et 4^, de gueules au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles de même, et en pointe d'un croissant d'argent; aux 2 et 3, d'argent au lion de sable armé et lampassé d'or'.

Le Camus, sieur de Lambeville, président par commission, docteur en droit, sort d'une famille boutiquière entrée dans la robe^ Avocat, puis président au Grand ConseiP, il siège au Parlement depuis 1602. C'est un assez bon magistrat, ambitieux, actif, procédurier, et qui a su se pousser. Pierre de l'Estoile le dit intéressé et remuant. Ses fils et petits-fils deviendront presque tous de riches conseillers et présidents. L'un d'eux, lieutenant civil, sera grand ami de M""" de Sé-

1. Le comte Mole (1781-1855), pair, président du conseil et académicien, fut la dernière gloire de la famille.

2. H. DE B-vLZAC fSar Catherine de Mêdicis) donne de curieux détails sur la fortune parlementaire des Le Camus. Le grandoncle du président de i6o3 avait été marchand pelletier et fournisseur de Catherine de Médicis.

3. Le Grand Conseil, institué sous Charles VIII, connaissait des évocations et règlements de juges, des nullités et contrariétés d'arrêts, dans toute la France. Il a été supprimé en 1789, et ses attributions sont allées par la suite au Conseil d'Etat, à la Cour de cassation et surtout au Tribunal des conflits.

vigne; un autre, conseiller d'Etat, épousera la fille de Colbert et l'on verra, parmi les illustres du temps, un cardinal Le Camus, évêque de Grenoble.

Courtin, sieur de Rosay, conseiller et rapporteur, a succédé à son père, conseiller sous Henri III, qui lui a légué aussi les magnifiques château et parc de Rosay, près de Mantes. Il est en deuil de sa mère, u la demoiselle de Rosay », décédée il y a un an. Sa famille est d'origine auvergnate. Courtin, riche, bien posé, aimant son métier, a l'étofî'e d'un grand magistrat. Esprit ferme, net, loyal, mais sévère, il est absolument incorruptible. Il a pour tout plaisir de se reposer de son labeur judiciaire, du samedi au lundi, à Rosay, et de causer avec ses jardiniers'.

Briçonnet, homme probe, austère, vivant un peu à l'écart, est né huguenot. Son grand-oncle, évêque de Meaux sous François P'', fut l'un des premiers adeptes de la Réforme. Il y eut aussi un cardinal Briçonnet. Sa famille possède depuis un siècle et demi la terre seigneuriale du Plessis-Rideau, dans le Yal de Loire, en Touraiue. On ignore si le conseiller Briçonnet s'est converti. Son fils se mêlera aux affaires de la Fronde.

Jean Bavyn, ou Bauyn, licencié en droit, a été reçu conseiller en 1097, a passé par la grand'chambre avant d'entrer à la Tournelle. C'est un de ces médiocres robins qui ont payé leur charge en moyenne onze mille écus, soit 66.000 francs*.

1. Un de ses descendants, le petit Courtin, maître des requêtes, fut employé dans la diplomatie de Louis XIY. Un autre devint procureur impérial à Paris, puis adjoint au préfet de police pendant les Cent- Jours.

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