‹ Julien et Marguerite de RavaletChapitre 65 sur 113 · I. Archives .nationales, X · texte numérisé non relu

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grande majorité des assistants ne peut croire à une condamnation. La crimiDelle est si belle, si jeune, presque une enfant encore; et puis, elle a été si mal mariée...

Les archers reconduisent Marguerite dans sa prison, la plus grande et propre chambre de la Conciergerie. Elle est située en la tour Montgomery, au rezde-chaussée, dont elle occupe toute l'étendue. Il y a, au fond, un lit à rideaux gris pour la prisonnière et, tout près de*là, un lit de sangle pour la femme qui veille sur elle, probablement la fdle ou la servante du geôlier. Cette chambre recevra, entre autres détenus de marque, le poète Théophile* et la marquise de Brinvilliers.

Le président Mole lève l'audience; la Tournelle regagne la chambre du conseil. Le rapporteur est invité à faire connaître ses conclusions. Elles sont terribles :

(( Ar resté : Les condamner tous deux a mort en (( Ville livres parisis d'amende envers le Roy et aux (( despens du procès. Absouldre le tailleur, les con- (( damner en ses domaiges et interestz liquidez à ((CL livres. — Conseiller Courtix\ »

La cour, avant de se séparer, fait une remarque, laquelle n'a peut-être pas échappé aux plus intelligents assistants, à ceux qui connaissent le cœur humain. Quand Marguerite parle de ses frères Jean et Philippe, elle dit : mon frère aîné et mon frère du Rozel. Lorsqu'il s'agit de Julien, elle l'appelle simple-

1 . Après que le procureur général Mathieu Mole fut intervenu en sa faveur, en 1628. Voyez le Procès de Théophile de Viaa, par Emile de Saint- Auban.

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