I. Décret de la Convention nationale du 5 janvier
nante'. Après lui, Barbey d'Aurevilly prit la plume, révélant à l'Europe entière le nom et le crir^ie des Ravalet (1886). Emprisonnée en Gotentin, déformée par la tradition orale, incomprise ou mal jugée d'une certaine érudition locale, la prodigieuse aventure entra dès lors dans l'histoire générale de la Renaissance française sur les ailes de la prose artiste et flamboyante, la prose des poètes.
Restauré avec infiniment de goût et de tact par le vicomte René de Tocqueville, de 1872 à 1880, le château familial des Ravalet est aujourd'hui une des plus belles résidences de >"ormandie'.
Reprenons les choses de plus haut : la Révolution rendit son essor à la sinistre légende. D'abord, à compter de i5G2, les vassaux de la fiefferme furent longs à reconnaître les droits de l'abbé de Hambye, leur nouveau seigneur; ensuite, la haine des anciens maîtres du fief, qui leur échappait faute de probité dans leur gestion financière, ne contribua pas peu à maintenir la perpétuelle croyance aux nombreux crimes des Ravalet. Or, ils se réduisent à trois, dont deux à l'actif de la branche cadette, — encore celui des Tourlaville est-il purement passionnel. La déplorable fin de Marguerite et de Julien, le suicide de Gabrielle, l'assassinat de Charles de Franquetot n'étaient point pour mettre un terme aux inventions, broderies et racontars. Et quand éclata, en coup de tonnerre, la Révolution, on amplifia l'amas de légendes.
1. Théophile Gautier, Quand on voyage (i865). Son article parut d'abord dans le Moniteur du i5 septembre i858.
2. Vendu aux enchères publiques en 1 910, il fut acheté par M. V. Lenavettier.