CHATEAU DE TOURLAVILLE
ruiné à la Révolution, et tel que le vit Théophile Gautier.
(D'après G. Bouet, 18/19 )
En 1793, les propriétaires avaient quitté le pays. Les paysans de la ferme et du domaine s'installèrent dans les princiers appartements. Lucas et Jean-Pierre, Toinon et Marianne remplacèrent, sous les voûtes dorées, Jean et Julien, Madeleine et Marguerite. En haine de l'ancien régime, ils grossirent l'histoire des Ravalet de tous les crimes ramassés à droite et, à gauche, mêlant les apocryphes aux trois malheureusement authentiques. Et lorsque, en 1829, on jeta de l'huile sur le feu en rééditant la mensongère légende*, les paysans, embusqués dans le château, avec ou sans l'agrément du propriétaire, profitèrent de l'occasion pour exploiter cette légende auprès des touristes et des visiteurs et s'en faire une source de revenus. Comment refuser un bon pourboire à des gens si bien informés ?
A' ou s avons vu un Franquetot payer de sa vie un rapt ou une séduction. C'est le soi-disant enlèvement de la fiancée de l'écuyer par un Ravalet. En i85o, un descendant des Ravalet-Sideville dramatisa cet épisode et bien d'autres encore par le dessin, entassant erreurs sur erreurs, impossibilités sur impossibilités. Pour donner au lecteur un aperçu de ces caprices historiques, il suffira de rappeler qu'ils placent le domicile de Marguerite et de son mari au château même, où (( le vieil époux aurait surpris sa femme et Julien en conversation criminelle et les aurait dénoncés au Châtelet^ ». C'était aller un peu loin chercher la justice, Paris seul ayant un Châtelet et la vicomte de