‹ Julien l'Apostat (volume 2)Chapitre 28 sur 40 · S94 JULIEN A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

S94 JULIEN A CONSTANTINOPLE

delexilde Hacellum,réleyer àla dignité de César(l),en faire à la fois son collègue et son beau-frère, lui confier le gouvernement et la défense de TOrient, fut pour Constance Teffet d'une soudaine résolution, qui ne surprit personne plus que celui même qui en était l'objet (2). On eût difficilement laissé Julien plus longtemps séquestré, quand la carrière impériale s^ouvrait ainsi brusquement devant son frère aîné. Cependant il semble que des instances furent nécessaires pour lui obtenir la liberté de quitter Hacellum (3) . Constance Tautorisa i compléter ses études en suivant les écoles publiques. A travers les témoignages un peu contradictoires de^ historiens, on démêle assez aisément qu'il fut d'abord conduit à Constantinople [k). Là, il fréquenta les cours du grammairien Nicoclès et du rhéteur Écébole. Hardonius, qui avait eu jusqu'à ce moment la direction principale de ses études, se renfermera probablement désormais dans le rôle de pédagogue, chargé de conduire Télève aux leçons des professeurs plutôt que de lui en donner

(1) Le 15 mars 351 ; Zosime, II, 45; CAron. Alex.

(2) Koch ( Kaiser JuUan der Abtriinnige, p. 358) pense que Gallns ne fut pas nommé César aussitôt après avoir été retiré de Macellam, mais fit auparavant un séjour de longue durée à la cour, — ce qui placerait avant 351 le départ de Macellum. Julien me semble dire, au . contraire, que Gallus fut revêtu de la pourpre a dès qu'il eut passé des champs au palais, t et sans que rien eût corrigé les défauts de c son éducation montagnarde. » Ép. au sénat et au peuple d'Athènes /Herilein, p. 350. Ammien MarcelUa (XIV, 1) donne la mt^me impression, quand il montre Gallus* ex squalore nimio miseriarum... ad principale culmen insperato cultu provectos. » Voir dans ce sens Tilleinont, Histoire des empereurs^ t. IV, p. 694. lime parait bien établi que Gallus, et à plus forte raison Julien, ne quittèrent Macellum qu'en 351.

(3) 'EvTe06ev i^ùi (Uv li^yi; à^sîdriv. Julien, Ép. au sénat et au peupU d'Athènes, 1. c.

(4) Tilleinont, Histoire des empereurs, t. IV, p. 489; Rode, Geschichte der Reaktion Kaiser Julians gegen die christliche Kirehe, p. 27, note 33.

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lui-même. Mais chez un homme tel que Mardonius un tel rôle ne pouvait être subalterne qu'en apparence : dans les fonctions même les plus serviles, il restait encore le véritable éducateur (1). C*est à Constantinople que Mardonius accoutuma Julien à garder cette attitude réservée, qui plus tard excitera les railleries des habitants d'Antioche. Allant aux écoles, il devait traverser les rues les yeux baissés, comme insensible aux spectacles du dehors et à ce mouvement d'une grande capitale qui eût dû, semble-t-il, le réjouir ausortirde la longue réclusion de Macellum (2). Hais ce sont sans doute ces distractions que redoutait Mardonius. Il craignait que JuUen, s'il regardait trop autour de lui, n'apprit vite un autre chemin que celui de Técole (3). Julien semble, à ce moment, y avoir été assez porté. Il laisse même entendre qu'il n'accueillait pas sans quelque humeur les conseils de son pédagogue (4).

Si Tanecdotc que nous allons raconter se rapporte aussi à Mardonius, elle montre que la sévérité de celui-ci, malgré quelques singularités d'apparence, s'éloignait cependant de tout excès. « Je me rappelle, dit Julien, avoir entendu mon gouverneur (5) me dire un jour, en voyant un de mes compagnons, Iphiclès, la chevelure

(1) L'evvouxo; piXxKrcoç (rcospoTÛvTi; 9vXa(, dont parle Liban i us (EpilapUios Juliani; Reiske, t. I, p. 525) à propottdoséjoar de Julien à Constantinople, est, selon toute apparence, Mardonius.

(2) Julien, Misopogon; Hertlein, p. 453.

(3) md.

(4) Ibid.

(5) Mé{ivT){iai Yoûv iyta iiots Tpopcui; slicovro;... Ordinairement Julien emploie pour désigner Mardonius le mot iiaidaY(»TÔ;- On peut se demander •i le Tpoftuc dont il parle dans ce passage est la même personne, ou n'est pas plutôt le second pédagogue, xal n»8xYci>To; lTepo;,dont parle Libanina (Epltaphios; Reiske, 1. 1, p. 25).

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