‹ Julien l'Apostat (volume 2)Chapitre 5 sur 40 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

Toain t«soct«T ton éponsic dan^ la oommiinion de^i choses dirmes et humaines. Ono dirni-je mainl^nunt d« iiaimgurs. de ki poK^sance, dirs joies du pouvoir i»i dé!«- Tés des homiiies? tn ]f$ considi^rtis foi^joars <y>inmè Tils et caduques, et tu ne le pums avec oegtieil <pie des iHnâeietles sacrées des divif?s «aeerdoees 't^. » l>è telles paroles^ écrites «nr le monument fim^raity* d'un ancien proe/msui dAchate, d'un ancien préfet de Kom^^, d'un ancien préfet de prétoire, sont le ïï^^'mptAme d^uni^ profonde révolution morale, menaçant Pidée <pie les an> ciens s'étaicait formée du patriotisme. Rien rares étaient ceux quû conforméjnent aux préceptes des xieux He«mains, et suivant 1 exemple encore d<mné par Sjnfvimaqae^ s^abslenaient avec soin de tontes les dévotions ^ propres à tronUer les Ames ;i\ » ser\'aient ax'ee un eéte evchisif les dieux ofBciels ;^ \ et, comme autrefois^ «ii^^ bocdoBniieat i 1 Étal ce quil y a de pins Uhrê el de plu« persouiel an monde, le sentiment ly'ligiex^x.

Tel est Taspect offert par le pa^c^nisme au iv* mi^Xt. n nous frappe plus peut-être quHl ne frappait les hommes de ce temps-là. Pour se rendre compte de certaines truisformalionsqui sesont opérées sur place, par le cours insensible des idées et du temps, sans brusqne déelurement ni rupture éclatante, il est bon qnolquofois de regarder A distance et d'entrevoir d*un peu U>in la perspective. Aussi les ouvrages des contemporains ne laissif^ntils pas tous apercevoir révolution subie par los idées re» ligieuses. Certains écrivains ecclésiasliques combattent Tancienne idolâtrie, les dieux grecs ou latins encensés au

(i) Corpus inscr. lai., \. VI, i::u.

(2) Paul, Sent., V, xxi, 2; cf. MoiloMln, nu Digfnit^ XIAIII, iii, BO»

(3) Cf. Corpus tnjcr. lat., t. VI, inos, \t\)M.

U LES RBLlGIOm ORIENTALES.

nom de TÉtat, comme si la vraie citadelle da paganisme était encore au Capitole ; à peu près comme on a vu de modernes apologistes continuer à répondre aux objections des philosophes du siècle dernier, alors que depuis longtemps la libre-pensée avait passé outre, et mené le combat sur un autre terrain. Les malentendus de ce genre sont de toutes les époques. Cependant il n*est pas vrai que tous les champions de TÉglise aient méconnu le mouvement qui entraînait les esprits. Saint Augustin, avec la souplesse de son génie, fait face tour à tour au passé et au présent : s'il devient contemporain d'Auguste pour réfuter la théologie de Varron, l'homme de son temps reparaît quand il montre l'ignominie des mystères de Cybèle ou discute la mythologie bizarre des néoplatoniciens. De même Prudence, dans ses poèmes, attaque sans distinction tous les dieux du paganisme, mais ne décrit guère que les rites des religions orientales. Un demi-siècle avant le docteur et le poète, un homme d'une intelligence comme d un talent très inférieurs avait plus exactement encore aperçu le changement de front accompli par le paganisme. On ne cite guère de Firmicus Haternus que les paroles emportées par lesquelles il essaya de pousser les fils de Constantin dans la voie d'une réaction religieuse plus violente que ne le permettaient la prudence politique et le respect des engagements (1) ; mais ce ne sont pas une ou deux pages seulement, c'est tout qui est à lire dans son traité De l'erreur des religions profanes. Ce livre n'est Tœuvre ni d'un profond penseur ni d'un grand écrivain, mais d'un témoin bien informé (2) et très perspicace.

(1) Finnicus Malerniis, De errore prof,relig., 28, 6; 29.

(2) Son identité tie: l'archéologae Firmicut Matcrnus est aujourd'hui

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(1) Il est qualifié de rir r/arM4riMiM.t A U lui a un Ui^ w«Htu«'ilU \\$ «mi liTre; Toir Corpus script, wdw. M. de Vioiiue. U II, |», l»0, m\f^y

(2) Firmicut Mtleraus, 1-6.

(3) Ibid,, 7-11.

(5) On remarquera que pat une de cet foiinuten n'e«l en UWn i UimUi sont en grec, c'esl-à-dire dans la langue de rorleiil luiittili).

(6) Finnicue Maternut, 18-27.

(7) 6tô; Ix icttpac

progressivement dans Toubli, les dieux auxquels s'adressent encore les hommages officiels, mais d'où la foi s'est retirée ; sur le premier plan, les divinités redoutables et mystérieuses, appelées à se mêler de plus en plus et autour desquelles se concentrent déjà toutes les forces de Terreur pour livrer la dernière bataille (1).

(1) Doc trentaine d'années plus tard, l'Ambrosiaster {Quaesliones veterii et novi Testamenti) considéra de inéine que les adrersaires qu'il faut avant tout combattre sont Bacchus. Isis, Mlthra et Cybèle, dont le culte emprunté à rorient avait pris la place des anciens cultes nationaux. Ct F.Cumont, ia Poh'MÙiue tU iAmhrosiasier, dans Becue d'histoire et de littérature religieusei, 1903, p. 455; voir encore Wissowa, Religion und KuttHS Hfr Muter, 1902, p. 1S4.

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