Tome II
à l'exercer. — Comment il s'est acquitté de cette double tâche, quelles qualités et quels défauts il y a montrés, quelle fut la situation de l'Empire romain pendant les trois années, remplies par la guerre civile, la guerre religieuse et la guerre étrangère, qui vont de la révolution de Paris à la mort tragique de Julien, et aussi quelle part l'homme privé, le croyant, le littérateur et le philosophe, inséparables en Julien de l'homme politique, ont eue dans la direction de ce règne si court et si agité : voilà ce que je dois exposer maintenant.
Reprenons, où nous l'avons laissé, le récit des faits.
On se souvient qu'au printemps de 360, quelques jours avant l'insurrection militaire qui proclama Julien Auguste, l'écuyer Sintula avait eu le temps d'obéir, en ce qui le concernait, aux ordres reçus de Constance, et avait quitté Paris à la tête d'un petit corps de Scutaires et de Gentils *. Mais cette avant-garde n'alla pas loin. Dès que leur parvint la nouvelle des graves événements qui venaient de s'accomplir, les soldats et leurs chefs rebroussèrent chemin, et revinrent se joindre au gros de l'armée. Il est probable que, partant à contre-cœur, ils n'avaient pas fait beaucoup de route dans la direction de l'Orient, car ils étaient déjà de retour à Paris quand Julien* convoqua toutes les troupes pour une revue sur le Champ de Mars 2 .
Ce fut une cérémonie solennelle. Bien qu'ennemi du faste, Julien se présenta aux soldats dans tout l'éclat de sa récente dignité. L'estrade d'où il avait coutume de leur parler avait été exhaussée. Derrière lui étaient