‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 109 sur 296 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Le discours fut-il prononcé? Cela semble probable. Après a yoir exhalé son indignation contre Héraclius, et énuméré, à la façon d'un prédicateur classique, les trois points de sa réfutation (ibid., p. 265), Julien continue ainsi : a Tel est le motif qui me fait paraître devant tous, quoique je ne sois point écrivain de profession, et que jusqu'ici j'aie toujours considéré le discours public comme un exercice désagréable et sophistique. » Cette précaution oratoire indique bien qu'il y eut un orateur et un auditoire : seulement, il est vraisemblable que ce dernier fut trié sur le volet, composé seulement d'amis et de familiers du prince. On se figure difficilement l'empereur faisant une conférence dans un lieu vulgaire et devant un auditoire de hasard.

ÉCRITS POLITIQUES. 13fr

il imagine un apologue, qui est en même temps une apologie et une satire, apologie de lui-même, satire des autres membres de la famille de Constantin.

Un homme riche, « qui se souciait fort peu des dieux, » possédait de grands biens, en partie hérités de son père, en partie acquis justement ou injustement par luimême. Il avait eu, de plusieurs femmes, des fils et des filles : il distribua ses biens entre ses héritiers. Hais il ne s'était pas inquiété que ceux-ci fussent bons : aussi, après sa mort, la discorde se mit entre les enfants : « les biens du père furent partagés par le tranchant du fer : » il y eut « une abominable tragédie, œuvre du démon 1 . » Mais surtout les païens eurent à souffrir. « Ses enfants renversèrent les temples nationaux, déjà méprisés par le père, et par lui dépouillés des offrandes de beaucoup d'autres, parmi lesquels ses propres aïeux. Sur les débris des temples, ils bâtirent d'anciens et de nouveaux sépulcres 2 . »

Tant de désordres et d'attentats émurent Jupiter. Il appela en consultation son fils le Soleil, dont le culte avait été « autrefois abandonné 3 » par le mortel téméraire, cause de tant de maux, « si cruellement puni, d'ailleurs, dans sa personne, dans sa famille et dans ses enfants 4 . » Jupiter appelle encore en consultation les Parques. Ces déités vénérables lui donnent le conseil de

1. Tirà tov 8ai(iovoç. Hertlein, p. 295. Julien semble employer ici le mot « démon, » dans le sens où l'entendent les chrétiens.

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