Hertlein, p
Julien à réhabiliter la race d'où il sort, en détruisant l'œuvre qu'elle a fondée, et en effaçant la trace chrétienne qu'elle a laissée dans l'histoire. Par cette conclusion, la brillante allégorie Où s'est jouée l'imagination de Julien, portée sur des ailes plus légères qu'elle n'en eut jamais, va rejoindre le lourd et laborieux pamphlet des Césars. Complété par elle, le sujet de celui-ci apparaît clairement. L'auteur a voulu flétrir les princes chrétiens, juger avec sévérité la masse des empereurs, qui n'ont pas connu la philosophie, exalter la philosophie sur le trône, en la personne de Marc Aurèle et de Julien. Les Césars sont donc, à les bien entendre, un écrit critique, destiné à déblayer le terrain tout à la fois de l'idéal chrétien de gouvernement, qui avait commencé à se dessiner, bien qu'imparfaitement, sous Constantin et ses fils, et de la tradition politique romaine, telle que la représentait une longue lignée de souverains. Sur ces ruines accumulées, c'est l'idée du gouvernement philosophique, ou, si l'on veut, de l'hellénisme gouvernemental qui doit s'élever : à celui-ci, dans la pensée de Julien, appartient l'avenir. Il reste donc à l'impérial écrivain une chose à faire : donner la définition du régime destiné à supplanter tous les autres. Tel sera l'objet de l'épltre à Themistius.
A cette époque, où la rhétorique menait à tout, le sophiste Themistius était devenu l'un des plus grands personnages de l'Empire. Nous avons eu plusieurs fois déjà l'occasion de le nommer *. Sa fortune politique était bien antérieure à l'avènement de Julien. Elle datait du règne de Constance. Dès 347, il avait prononcé à