Théodoret, Eist. eccl., III
Julien, et montrait une vanité puérile devant les marques de déférence qu'à l'exemple du prince lui prodiguaient les courtisans. Devenu hautain, dédaigneux, il affecta une magnificence qui convenait peu à un cynique et à un néoplatonicien et rappelait plutôt le luxe des anciens serviteurs de Constance, si récemment bannis du palais par Julien 1 .
Chrysanthe montra plus de réserve. En vain l'empereur lui écrivit-il de nouveau, en vain écrivit-il de sa propre main à la femme du philosophe, rien ne put décider celui-ci à venir. Désespérant de l'attirer à la cour, Julien le nomma grand pontife de la Lydie, et donna à sa femme le titre de grande prétresse. Chrysanthe reçut la mission de rétablir l'idolâtrie dans la province. On dit qu'il exerça cette charge avec une extrême modération, qu'il ne rebâtit aucun temple, et que les chrétiens s'aperçurent à peine de sa présence 2 . Cet homme prévoyant semble avoir eu conscience de la fragilité de l'œuvre de Julien.
Hais beaucoup d'autres furent tout à la joie du moment présent. Ils crurent, par l'élévation de Julien, avoir à jamais cause gagnée. Ceux même qui hésitaient naguère à l'aller voir en Gaule, comme Priscus 3 , accouraient avec empressement à Constantinople 4 . A tous, Julien faisait bon accueil , bien qu'il ne leur tint pas toujours ses promesses, si l'on en croit saint Grégoire de Nazianze 5 . Nombreux, néanmoins, furent les philosophes, les sophistes, les gens de lettres, qui reçurent de lui soit une