‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 141 sur 296 · Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V · texte numérisé non relu

Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V

place permanente à la cour, soit une charge politique ou religieuse. Si Ton se met au point de vue des contemporains, c'était là un grand changement dans les habitudes traditionnelles du gouvernement impérial. En Occident, les hautes magistratures étaient, ordinairement, l'apanage des grandes familles. L'aristocratie romaine et provinciale se les partageait. En Orient, les fonctions publiques étaient généralement données à des magistrats de carrière, qui avaient suivi, dès leur jeunesse, la filière administrative. Constance lui-même, que Julien accusait d'avoir livré l'État à ses favoris, avait été, dit Ammien, d'un scrupule excessif dans la nomination aux emplois civils et aux charges palatines, s'abstenant toujours d'élever quelqu'un qui n'avait pas fait ses preuves par un long stage dans les carrières inférieures *. Julien ne s'embarrassa jamais de ces scrupules. Être attaché à sa cause, partager sa religion et ses goûts littéraires, était un titre suffisant aux plus hautes fonctions. Quiconque lui plaisait en franchissait parfois les degrés avec une rapidité extraordinaire. On se souvient qu'une année avait suffi pour faire du rhéteur Hamertin un surintendant des finances, un gouverneur de province, un préfet du prétoire, un consul. Un autre rhéteur gaulois, Aprunculus, qui était bon haruspice, et avait lu dans le foie d'une victime la mort de Constance, fut nommé gouverneur de la Narbonnaise 2 . Le rhéteur Bélée devint gouverneur d'Arabie 8 . Le sophiste Himère eut une place à la cour. Priscus fut attaché à la personne de Julien, et le

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