‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 170 sur 296 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

instructionsprécises. Les fidèles, on lésait déjà par l'aveu même de Julien, assistaient avec leurs pauvres les indigents de tous les cultes : cependant, dans cette large pratique de l'hospitalité, qui leur faisait recevoir non seulement dans les établissements fondés spécialement à cet effet, mais, là où il n'en existait pas, dans leurs propres maisons les étrangers de passage, ils étaient tenus à observer des règles de prudence. En temps de persécution surtout, il eût été dangereux d'admettre toute espèce de voyageurs dans l'intimité des foyers chrétiens. De là les lettres de recommandation, les « tessères d'hospitalité, » délivrées par les évêques aux voyageurs appartenant réellement à la communauté chrétienne, et méritant d'être accueillis par les fidèles * . Qu'il y eût encore, malgré ces précautions, des dangers et des méprises, l'histoire de Pérégrinus dans Lucien permet de le croire. Mais les cas analogues devaient être rares, et les chrétiens, qui secouraient indifféremment tous les pauvres, et probablement recevaient tous les malades et tous les étrangers dans leurs établissements publics, étaient avertis de ceux à qui ils pouvaient donner une hospitalité plus intime, des voyageurs partageant réellement leur foi, et garantis par l'évêque du lieu qu'ils venaient de quitter. Cette organisation de l'hospitalité chrétienne excitait l'envie de Julien. « Il admirait surtout, dit Sozomène, les lettres 2 par lesquelles les évêques ont coutume de se recommander les étrangers les uns aux autres : afin que, d'où qu'ils vinssent, et chez quelque

1. Cet usage existait dès les temps apostoliques; saint Paul y fait allusion, II Cor., ni, 1.

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