‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 179 sur 296 · Libanius, Ad Julianum consulem; Reiske, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Libanius, Ad Julianum consulem; Reiske, 1. 1, p

offrait ensuite, quand, incliné vers le brasier, il gonflait ses joues et soufflait sur les charbons afin d'attiser le feu [ . Il devenait alors, dit saint Grégoire de Nazianze, un sujet de risée, non seulement pour les étrangers à son culte, maïs même pour ceux dont il croyait flatter ainsi les croyances 2 .

Tous les païens ne partageaient pas, en effet, pour la ferveur trop démonstrative de Julien la béate admiration de Libanius. Ceux d'entre eux qui avaient gardé le sens de la beauté grecque, avec ses mouvements mesurés, ses gestes harmonieux et sobres, — ou simplement qui n'avaient pas perdu le sentiment des convenances, — souffraient de voir leur empereur prendre ces attitudes. Ils rappelaient, avec un sourire attristé, une curieuse légende : Minerve saisie de désespoir parce que, s'étant mirée dans l'eau, elle reconnut qu'elle avait les jambes mal faites 3 . Mais l'hellénisme dégénéré de Julien ne craignait ni la laideur ni le ridicule. 11 croyait ne pouvoir faire trop d'efforts pour honorer les dieux. Les carnages sacrés lui portaient à la tête. « De ces troupeaux égorgés, de ces ruisseaux de sang, dit avec attendrissement Libanius, lui paraissait monter vers le ciel une odeur suave 4 . » Il ne songeait même pas à se demander ce que coûtait toute cette viande abattue 5 . Les gens sages, cependant, s'en préoccupaient déjà. « Il y a dans tout ceci, disaient-ils, plus de superstition que de véri-

t.Tà; & çvar,<Tti; xt xaiàvTiçvar,<jei;... tov 'Pwttaïaiv paoïXÉco; ta; yvaôov; ôpqtv à0x?)(iovov<Ta;... Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 22.

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