Ainmien Marcel lin, XXV
ne citait qu'un empereur romain qui pût, sur ce point, lui être comparé, le fantasque Hadrien, dont l'esprit mal équilibré joignait au scepticisme une superstition immodérée '.
Soit par lui-même, soit par les haruspices dont il s'entourait, et qui se prétendaient dépositaires des secrets de l'Étrurie 2 , soit par les néoplatoniciens de sa cour, qui opposaient aux méthodes italiques celles de la théurgie orientale 3 r Julien vivait en un commerce continuel avec les dieux. Sans cesse on le voit fouiller les entrailles des animaux sacrifiés 4 ; il interroge le vol des oiseaux 5 ; il interprète des songes 6 ; il étudie le sens des chutes accidentelles ou des rencontres fortuites 7 ; il demande aux immortels des signes visibles de leur volonté 8 ; il questionne leurs statues 9 ; malade, il se fait dicter des consultations par Esculape 10 . Sa vie se passe dans une épaisse atmosphère d'illusions et de prestiges. « Les dieux et les démons habitent avec toi, » lui dit Libanius 11 , qui raconte sur cette « cohabitation » de curieux détails. « Tels sont leurs bienfaits, que, même pendant ton sommeil, ils te
1. Ibid. — CF. Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècles, 2 s éd., p. 276.