Julien, Misopogon; Hertlein, p
10. Julien, Contre les chrétiens , dans saint Cyrille, Contra Julianum, VU ; Neumann, p. 207.
11. lot auvoixoùvT£; ôeoi xi\ £xi(j.ovi;. Libanius, Legatio ad Julianum.
touchent de la main pour t'éveiller, te révèlent les embûches, le moment de combattre, la disposition à donner à ton armée, où il faut aller, d'où il faut revenir. Seal tu as vu leur visage, bienheureux contemplateur et envoyé des bienheureux ! Seul tu as eu le privilège d'entendre et de reconnaître la voix des dieux, et de pouvoir t'écrier, comme dans Sophocle, tantôt : voix de Minerve! tantôt : voix de Jupiter ! ou bien : Voix d'Apollon, d'Hercule, de Pan, de chacun des dieux et des déesses 1 ! » Ammien Harcellin, qui partage quelquesunes de ces superstitions, ne peut s'empêcher d'en noter discrètement l'extravagance. « Julien, dit-il, était trop adonné à l'observation des présages 2 . »>
Les chrétiens avaient remarqué aussi l'étrange manie / de l'empereur apostat. Parmi eux couraient à ce sujet des récits qu'il est intéressant de recueillir, au moins comme écho de ce qui se disait alors. Un jour, raconte saint Grégoire de Nazianze 3 , Julien examinait après un ^ sacrifice les entrailles d'une victime. Il crut y voir l'image d'une croix, qu'entourait une couronne. Les assistants se troublèrent : ce phénomène leur semblait annoncer le triomphe du christianisme. « La couronne, aux yeux des devins, est signe de victoire : et comme le cercle qui forme la couronne n'a ni commencement ni fin, la vic- — - toire ainsi présagée doit être éternelle 4 . » Mais un interprète plus savant ou plus habile ranima les courages. Selon lui, le phénomène était, au contraire, de bon