Fragm. d'une lettre; Hertlein, p
pu difficilement se peupler, « lors même que les femmes eussent produit plusieurs petits ensemble, comme les truies *. » Les faits prouvent donc « qu'il a existé à l'origine plusieurs hommes primitifs 3 . » Chacun d'eux a été créé par un dieu différent, et est devenu père d'un peuple, formé d'après un type spécial, d'où ont découlé ses aptitudes et ses lois.
On aperçoit combien peu ces principes laissent subsister de l'unité physique et de l'unité morale du genre humain. Hais importent atteinte du même coup à l'idée de la liberté et à la notion du progrès. Leur opposition radicale aux principes chrétiens éclate ici. Le christianisme fait à l'homme un devoir de travailler à l'amélioration morale de sa personne d'abord, ensuite de la société où il vit, afin d'approcher le plus près possible de la perfection. « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait 3 . » Le paganisme, au contraire, professe que les croyances, les institutions et les mœurs des anciens ne sont pas seulement vénérables par leur antiquité, mais sont éternelles dans leur diversité, et qu'on n'y saurait toucher sans crime, même dans le but de les améliorer. Il enseigne que la morale change selon les latitudes, puisque, pour employer un exemple souvent cité, tels actes qui paraissent licites aux Perses sont réprouvés comme impies parles Grecs et les Romains. Il condamne les civilisations diverses à demeurer toujours séparées, à s'enfermer dans un fatalisme immobile, à n'atteindre jamais, par l'effort aidé de la grâce, à cette unité su-