Saint Matthieu, v
périeure — ut sint unum sicut et nos i — vers laquelle tendent les sociétés chrétiennes. Bien que contredite sans cesse par les faits, qui ne sauraient avoir la rigueur inflexible des idées, cette négation de la liberté et du progrès est l'essence même du paganisme 2 . Celse l'avait enseignée avant Julien, et avait été réfuté par Origène 3 au nom des doctrines chrétiennes. Julien reproduit les thèses de Celse, et sera réfuté par Cyrille. Plus modéré dans la forme, mais non moins résolu dans le fond, Symmaque, à la fin du siècle, se fera encore le champion de l'immobilité traditionnelle : saint Acobroise défendra contre lui la liberté, la vie, le progrès 4 .
La thèse de Julien sur les « dieux nationaux » se rattache aux idées platoniciennes, et en particulier à la doctrine de l'émanation. La théologie du Soleil en découle plus visiblement encore.
Elle reflète surtout le platonisme dégénéré qui commence à Jamblique. Dans son discours Sur le Roi Soleil, Julien se réclame « du grand Platon 5 .» Cependant il se hâte d'ajouter : « Et d'un penseur inférieur à Platon dans Tordre des temps, mais non par le génie, Jamblique de Chalcis 6 . » Celui-ci est bien le vrai maitre