‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 201 sur 296 · Oratio IV; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Oratio IV; Hertlein, p

prit de la poésie homérique. « Jupiter, qui est le maître universel, contraint les autres par la force. Mais quand Apollon déclare qu'à cause de l'impiété des compagnons d'Ulysse il quitte l'Olympe, Jupiter ne lui dit pas : « Je t'entraînerai plutôt avec la terre et les mers *, » il ne le menace pas de le charger de liens ou de lui faire violence; mais il prie Apollon de continuer à paraître parmi les dieux 2 . » Si Homère, dans un vers dont on essaierait vainement de tirer un sens favorable, montre Junon contraignant le Soleil à éteindre ses feux dans la mer 3 , Julien refuse, pour cette fois, de le croire inspiré; il prononce à son tour le quandoqxie bonus dormitat Homeras : « Envoyons promener, dit-il, les fictions des poètes ; au divin ils mêlent parfois beaucoup d'humain*. » II recueille alors de tous côtés les témoignages en faveur de ses théories, sans songer qu'ils détruisent l'autorité des deux poètes dont il a fait comme les prophètes de l'hellénisme. S'il a entendu dire qu'en Chypre les prêtres consacrent le même autel à Jupiter et à Apollon, il en tire la conséquence que ces dieux non seulement sont égaux, mais encore sont identiques 5 . Il triomphe en voyant cette identité proclamée par un vers que les poésies orphiques placent dans la bouche même d'Apollon : « H n'y a qu'un Jupiter, qu'un Pluton, qu'un Soleil, c'est Sérapis 6 . » Mais il ne prend pas garde que ce syncrétisme, pythagoricien et oriental tout ensemble,

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