Oratio IV; Hertlein, p
6. El; Zeû;, eï; 'Afôrj;, el; "H>.io«è<m Sipaîti;. Ibid. ; Hertlein, p. 175.
est la ruine de la religion homérique, et par conséquent de l'hellénisme. C'est ainsi que tantôt par une exégèse toute verbale, et sans racines dans la tradition, tantôt par l'abandon même de ses propres principes, Julien entreprend de concilier ces res dissociabiles, l'hellénisme primitif et la philosophie décadente, la religion des poètes, brillante de jeunesse, et l'alexandrinisme vieilli, qui plie sous le poids des abstractions.
Tel qu'il est, le discours de Julien Sur le Roi Soleil n'était peut-être pas de nature à plaire aux Grecs de vieille roche. Par sentiment national, par instinct du beau, ils se défendaient de leur mieux contre l'invasion des divinités étrangères. On remarquera que Mithra, le dieu préféré de Julien, celui sous les traits duquel il aimait surtout à se représenter le Soleil, n'a de monuments dans aucun des pays grecs qui occupent les deux rivages de la mer Egée 1 : au Pirée seul, port ouvert aux matelots de toutes les nations, une inscription en son honneur a été trouvée 2 . Julien lui-même semble avoir senti que son Discours, si plein qu'il fût d'Homère et d'Hésiode, n'était pas à l'adresse des Grecs, « Peutêtre avancé-je des idées inintelligibles pour eux, » dit-il en un endroit 3 . Les destinataires de cet étrange écrit étaient les Romains 4 . On ignore comment sa lecture,
1. Voir la Carte de la diffusion des mystères de Mithra, dans Cumont, Textes et monuments, t. I.