‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 207 sur 296 · Ibid.; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Ibid.; Hertlein, p

des dieux, d'accord avec son assesseur Corybas, députa le Lion à Attis. Celui-ci, repentant, se mutila 1 , assis sous un pin, dont son sang arrosa les racines 2 . Promu au rang de demi-dieu, il remonta vers la Hère, qui lui rendit son amour 3 .

Le culte d' Attis et de la Mère était solennisé par des rites dont le caractère et les acteurs sont en rapport avec cet étrange récit. Ses prêtres, les Galls, étaient des eunuques. Julien nous a laissé la description des fêtes qu'ils célébraient vers l'équinoxe du printemps 4 . La description est assez confuse : mais elle s'éclaire par les récits d'autres écrivains 5 et par les indications du calendrier romain de 354 G . Le 22 mars, un pin, souvenir de l'arbre témoin de la mutilation d' Attis, était porté en procession, enveloppé de bandelettes, comme s'il eût été le cadavre même du dieu. Les jours suivants étaient consacrés au deuil. On jeûnait. On pleurait la mort d' Attis. Le 24 mars était appelé par excellence « le jour du sang, » dies sanguinis. Le chef des Galls s'y tailladait les bras, répandant le sang par ses blessures : le même jour, dit Julien, « était coupée la moisson sacrée et mystérieuse du dieu Gallus, » c'est-à-dire que les nouveaux Galls célébraient leur entrée dans la confrérie par une honteuse mutilation. Mais au deuil, au jeûne, au sang, succédait une joie délirante. Les trompettes annonçaient

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