‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 206 sur 296 · Julien, Oratio IV; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Julien, Oratio IV; Hertlein, p

déesse ldéenne, — après avoir été propagé de Phrygie à Athènes, fut importé directement de Phrygie à Rome au second siècle avant notre ère. L'entrée dans Rome du vaisseau contenant la pierre noire de Pessinonte, et la légende de la vestale Clodia, sont même narrées avec une simplicité et une verve rares sous la plume de Julien. Mais tout de suite il entre dans l'exposé de ses idées personnelles, et développe ses théories sur la vraie nature d'Attis et de la Mère des dieux. C'est ici que l'obscurité se fait. Il est indispensable de mettre de Tordre dans la pensée de Julien, afin de la rendre intelligible.

Exposons d'abord le mythe d'Attis et les cérémonies par lesquelles il est commémoré. Nous dirons ensuite quels sont, selon Julien, le sens du mythe lui-même et la signification symbolique des cérémonies. Nous étudierons enfin les idées générales de Julien sur les mythes et sur leur interprétation.

« La mythologie, raconte Julien, dit qu'Attis, exposé sur les eaux du fleuve Gallus, atteignit la fleur de son âge. Devenu beau et grand, il fut aimé de la Mère des dieux, qui, entre autres faveurs, lui donna un bonnet d'étoiles 1 . » La Mère des dieux avait permis à son jeune amant « de bondir et de danser 2 ; » mais « elle lui avait fait un précepte de la servir religieusement, de ne point se séparer d'elle, et de n'en pas aimer d'autre 3 . » Attis ne sut pas obéir. « La Fable ajoute qu'il descendit dans une caverne, et qu'il s'unit à une nymphe 4 . » La Mère

1. Julien, Oratio V, sur la Mère des dieux; Hertlein, p. 214.

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