‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 222 sur 296 · Oratio VIII, consolation à Salluste; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Oratio VIII, consolation à Salluste; Hertlein, p

de christianisme, avant la révolution de Paris et son départ de Gaule; mais les nombreuses affirmations de l'efficacité de la prière, répandues en d'autres ouvrages, et ces effusions d'humilité, d'abandon à la Providence r qui se trouvent à la fin de sa lettre à Themistius 1 , sont bien du temps où il était ouvertement païen.

Du même temps sont d'autres paroles, qui contrastent singulièrement avec le caractère méticuleux des pratiques habituelles au paganisme de Julien. Lui que nous avons vu si attentif à ne rien omettre des moindres rites, à rendre hommage à tous les dieux, à honorer ou à interroger toutes les statues, à observer tous les présages, et à multiplier sans raison comme sans mesure le nombre des bêtes immolées, émet quelquefois, comme par inadvertance, des professions de foi empreintes d'un large spiritualisme religieux. 11 semble échapper par instants au joug de la « superstition excessive » qu'ont reconnue en lui les contemporains. On dirait que son àme est prise alors du désir d'adorer de nouveau « en esprit et en vérité. » Ce retour au bon sens se marque, par exemple r dans des paroles comme celle-ci, adressée au cynique Héraclius : « Ignores-tu que les offrandes, petites ou grandes, que l'on fait aux dieux avec sainteté se valent toutes, tandis que sans la sainteté cent ou mille victimes restent de nulle valeur à leurs yeux 2 ? » Julien va jusqu'à excuser Diogène de s'être abstenu des pratiques idolâtriques. « Si de ce qu'il n'entrait pas respectueusement dans les temples, de ce qu'il ne s'inclinait ni devant les statues, ni devant les autels, on prenait cela pour une marque d'a-

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