Oratio VII
3. Otjtèv-fàp xoXou(ievot, 0utT;6èxal àiceXowvdjievot. Ora tio VII ; Hertlein, p. 290.
1. Sur les gyroTague8, ou moines vagabonds, voir Dom Besse, les Moines d'Orient antérieurs au concile de Chalcédoine, p. 50-56. 5. Voir Saint Basile, p. 37-44.
des erreurs, F apologie du cynisme par Julien fait voir tout de suite le terrain nettement spiritualiste où il place sa morale. Le sage qu'il rêve ressemble peut-être assez peu au Diogène de l'histoire ; mais il n'en donne que mieux l'image du parfait honnête homme. Et comme le premier devoir de l'honnête homme est envers la Divinité, ce sage est avant tout religieux.
On remarquera avec surprise que Julien, quand il n'essaie pas de traduire les rêveries néoplatoniciennes sur les dieux, ou ne cherche pas à édifier laborieusement des systèmes théologiques autour des divinités bizarres dont son esprit est comme fasciné, parle très raisonnablement et très simplement sur Dieu. H a des mots d'un accent presque chrétien, comme celui-ci : « L'essence de la Divinité est d'aimer les hommes 1 . » Et il semble prêt à rendre à l'Être divin amour pour amour. « Je crains les dieux, dit-il, je les aime, je les vénère, je les adore, j'éprouve pour eux ce que l'on ressent pour de bons maîtres, pour des précepteurs, pour des parents, pour des protecteurs 2 ... » La confiance en Dieu, l'abandon à sa providence, sont exprimés avec non moins de force. « Il n'est pas vraisemblable que l'homme qui se tourne vers l'Être suprême soit entièrement négligé et délaissé par lui; Dieu plutôt lui tend la main, lui donne la force, lui inspire le courage, lui met dans l'esprit ce qu'il faut faire et le détourne de ce qu'il ne faut pas faire 3 . » L'écrit d'où ce dernier passage est tiré fut, il est vrai, composé aune époque où Julien faisait encore profession extérieure
1. 4>y<iei 9iXdv6p»icov ôv tô Ocîov. Fragment d'une lettre; Hertlein, p. 372.